via Delicious/tag/internetactu de hubertguillaud le 24/11/09

Yves Eudes revient sur les pratiques de nettoyage et de "noyage" de réputation sur le net.

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via PC INpact de nil@pcinpact.com (Nil Sanyas) le 23/11/09
La nouvelle fait le tour du Web, et pourrait bien relancer le débat sur l'importance du Net et sa capacité à rétablir la vérité... ou à cultiver la désinformation.

via PC INpact de nil@pcinpact.com (Nil Sanyas) le 23/11/09
Comment disparaître du Web ? Si en-dehors du Net le droit à l'oubli est assez aisé, sur la toile, c'est une autre paire de manches. Sujet bouillant ces derniers jours en France, ce droit devrait être inscrit dans la Constitution a estimé la CNIL ...

via ReadWriteWeb French edition de Jolie O'Dell le 19/11/09
smartgridLes smart grid sont une technologie de distribution et de régulation de la consommation d’énergie dans les foyers qui a provoqué beaucoup d’enthousiasme dans les milieux écolo ces dernières années, mais il y a un revers à la médaille qui commence à peine à apparaitre. Les smart grid utilisent des technologies numériques pour contrôler ce qui consomme de l’électricité dans une maison afin d’économiser l’énergie, de faire baisser la facture et de réduire les émission de CO2, jusqu’ici, on ne peut que se réjouir de l’arrivée de telles technologies. Mais certains experts commencent à se demander si les données personnelles générées par ces technologies sont à l’abri, et à quel point la vie privée de ses utilisateurs sera préservée. Le concept des données privée “anonymisées” se révélant très relatif ces derniers temps, comme l’ont montré hackers et académiciens, nous devons désormais nous demander ce que saurons vraiment de nous les smart grids. Par exemple, les fluctuations dans la consommation d’énergie d’une maison sont si spécifiques qu’elles peuvent en déduire la marque de votre réfrigérateur. Un rapport récent de la Future of Privacy Foundation affirme que même si des approches plus modernes doivent être mise en place pour la maitrise de l’énergie, un enthousiasme sans bornes pour la technologie des smart grids pourrait mener à de sérieuses failles concernant le respect de la vie privée. “L’infrastructure qui supporte les smart Grid”, explique le rapport, “sera capable d’informer les consommateurs de leur usages journaliers en énergie, y compris au niveau d’un appareil spécifique. Bien que cela soit bénéfique et que cela aide à lutter contre l’effet de serre en réduisant les émission de CO2, et que cela fasse baisser la facture électriques des usagers par la même occasion, cela introduit la possibilité de récolter des informations détaillées sur la consommation énergétique des individus et sur leurs usages au sein de ce qui est le temple de la vie privée : le foyer”. “Nous devons prendre soin à ne pas sacrifier la vie privée au nom d’un enthousiasme mal mesuré pour la réforme de l’électricité. La prolifération d’informations, le manque de contrôle, et un manque de vision globale de ces informations pourrait mener à des menaces graves sur la vie privée des consommateurs”. Un autre rapport du National Institute of Standards and Technology affirme lui qu’à cause du manque de standards et de procédures dans la collecte et le stockage de données privées, “L’alimentation distribuée en ressources énergétiques et les compteurs intelligents révèleront des informations sur les modes de consommation et les activités qui ont lieu au sein des foyers”. Dans une interview au Washington Post, Jules Polonestsky, un dirigeant du NIST affirmait hier  qu’il était préoccupé : “Sans planification sérieuse, nous aloons avoir bien des défits à relever d’ici quelques années quand les gens commenceront à réaliser qu’il serait temps de légiférer efficacement sur la façon de réguler l’usage de ces données”. Ces préoccupations sont réelles, et montrent à quel point la notion de la vie privée ne va pas juste avoir à être arbitrée face aux besoins de contrôle d’états tentés par le totalitarisme digital, ou renforçant un totalitarisme existant, mais également par rapport à des préoccupations qui sont bien moins évidentes à dénoncer. Le besoin d’une définition claire et d’une information précise pour les consommateurs est de plus en plus critique, tout comme le besoin de renforcement des autorités censés défendre la vie privée. La CNIL, qui avait à plusieurs reprise émis un avis négatif vis à vis d’Hadopi, dénonçant en vain les atteintes à la vie privée contenues dans cette loi, n’est de toutes évidences pas en mesure d’assurer ici sa mission, il est probablement temps de trouver autre chose avant qu’il ne soit trop tard.

(image CC de sunpig)

via Korben de Korben le 19/11/09

chromehipsqk8 Chrome supporte maintenant GreaseMonkey

Bon, ça y est, si vous voulez tester ChromeOS sur une VmWare (machine virtuelle), c’est possible et déjà en téléchargement sur The Pirate Bay ! Il vous suffit de télécharger le fichier via un client Bittorrent, de le décompresser, puis de l’ouvrir avec VmWare.

Je suis en train de vous l’uploader sur Megaupload et je cherche une technique simple pour convertir ce vmdk en vdi (pour VirtualBox) . Ça c’est fait et ça marche ! Je vous upload aussi le .vdi

Télécharger l’image de Chrome OS pour VmWare

Télécharger l’image de Chrome OS pour VirtualBox

J’ai compressé les images en bz2, donc si vous êtes sous Windows,
installez 7zip
(clone de Winzip) pour les décompresser

En login mettez : mark (en clavier américain, ça s’écrit : ,qrk )

et rien en mot de passe… (et le mot de passe pour le sudo (!!) est apparemment « chromeos »)

Par contre, il semblerait qu’on ai besoin d’un compte @google.com, pour stocker ses préférences ChromeOS. Compte que je n’ai pas évidemment. Mais on peut quand même accèder à Internet (heureusement)

La preuve :

Capture-ChromeOS [en fonction] - Sun VirtualBox

via The Big Picture le 23/11/09
National Geographic's International Photography Contest attracts thousands of entries from photographers of all skill levels around the world every year. While this year's entry deadline has passed, there is still time to view and vote for your favorites in the Viewer's Choice competition. National Geographic was kind enough to let me choose a few of their entries from 2009 for display here on The Big Picture. Collected below are 25 images from the three categories of People, Places and Nature. Captions were written by the individual photographers. (25 photos total)

Nazroo, a mahout (elephant driver), poses for a portrait while taking his elephant, Rajan, out for a swim in front of Radha Nagar Beach in Havelock, Andaman Islands. Rajan is one of the few elephants in Havelock that can swim, so when he is not dragging timber in the forest he is used as a tourist attraction. The relationship between the mahout and his elephant usually lasts for their entire lives, creating an extremely strong tie between the animal and the human being. (Photo and caption by Cesare Naldi)


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via OCTO talks ! de Mickaël Morier le 19/11/09

Internet n’est plus seulement peuplé de sites d’informations statiques mais de véritables applications dont les fonctionnalités étaient jusqu’à présent seulement disponibles sur nos postes de travail. Aujourd’hui, on trouve des applications Web capables de proposer de la retouche de photos, la visualisation de bande-annonces de film, la gestion et l’écoute de musique, la lecture de livres, etc. Les standards actuels du W3C n’ayant pas été conçus pour la création d’applications Web, des plugins tels que Flash ont comblé ce manque. Le W3C préparait XHTML 2 depuis des années mais cette spécification était orientée document et non application. Des employés d’Apple, de Mozilla Foundation et d’Opera Software ont formé la communauté WHATWG. Point de départ d’HTML 5, leurs travaux ont été orientés vers un standard capable de créer des applications : ajout de la vidéo, mode hors-ligne, etc. HTML 5 est-il une réelle alternative aux plugins comme Flash ? Voire un Flash-killer ?

Cas d’utilisation des plugins comme Flash

Adobe revendique que 99% des navigateurs disposent du plugin Flash. Si ce plugin est installé sur autant de navigateur, c’est qu’il correspond à des cas d’utilisation comblant un manque des standards actuels. Les principaux cas rencontrés sur Internet sont :

  • diffusion audio et vidéo
  • animation d’objets (transformation, transition, etc.)
  • bannière publicitaire
  • mini-jeu
  • application Web

Prenons la lecture de fichiers audio et vidéo, tous les sites actuels de streaming audio et vidéo utilisent abondamment Flash pour satisfaire ces besoins. Si pour les autres utilisations, il est possible de le faire avec les normes actuelles couplées à du JavaScript, Flash est plus simple et efficace pour ces cas d’utilisation.

HTML 5 peut-il répondre à ces cas d’utilisation ?

La lecture audio et vidéo

Concernant la lecture audio et vidéo, HTML 5 prévoit l’ajout de balises <audio> et <video> afin de couvrir ces besoins. La plateforme expérimentale de Dailymotion, OpenVideo.dailymotion.com, se dispense totalement de Flash. Cette balise vidéo pose cependant un problème de standardisation due aux brevets déposés sur les codecs :

  • Firefox, Opera et Chromium n’incorporeront pas le codec H.264 à cause du prix de la licence mais seulement Ogg Theora
  • Chrome supportera H.264 et Ogg Theora
  • Safari refuse d’implémenter Ogg Theora pour des questions de support matériel
  • Microsoft a simplement dit vouloir supporter cette balise

De plus la spécification n’imposera aucun codec. On peut espérer que le codec Ogg Theora actuellement supporté par la majorité des navigateurs deviendra le standard de facto. Les principales plates-formes de partage de vidéos telles que YouTube ou Dailymotion influenceront également le choix du codec, s’ils utilisent Ogg Theora les navigateurs implémenteront ce codec.

Les possibilités de dessin

La balise <canvas> permet de créer des rendus dynamiques d’images à partir de scripts JavaScript, de nouveaux composants graphiques élaborés en plus de ceux proposés de base par HTML. Il est alors possible de créer des animations d’objets, des bannières publicitaires équivalentes à ce que permet Flash. Les mini-jeux Flash peuvent être également réalisés par l’intermédiaire de cette balise. Pour voir les possibilités de cette balise, visitez le site Canvas Demos. Internet Explorer ne supporte pas cette balise même dans sa version 8. Il existe cependant des librairies JavaScript comme Explorer Canvas pour combler ce manque.

Les transitions et transformations CSS 3

Les CSS 3 apportent également leur lot de fonctionnalités intéressantes comme les transitions et les transformations. Il est ainsi aisé de faire des rotations, des translations, des homothéties d’objets de façon progressive. Cela s’approche de l’interpolation de forme proposée par Flash. Aujourd’hui, les implémentations sont encore rare (Firefox, Chrome, Safari) et propre au moteur de rendu. Par exemple, -moz-transform pour Firefox et -webkit-transform pour Chrome et Safari.

Quels sont les avantages d’un nouveau standard comme HTML 5 ?

On pourrait se dire que cela ne sert à rien de combler le retard et d’offrir les mêmes fonctionnalités aux internautes que Flash. Alors quels sont les avantages d’un nouveau standard comme HTML 5 ?

Bénéfice de la concurrence

La création d’une norme améliorera l’expérience utilisateur. Chaque navigateur apportera son implémentation de la spécification HTML 5. Cette concurrence favorisera l’amélioration de la qualité et des performances, ce que l’on observe depuis quelques temps avec les moteurs JavaScript qui deviennent de plus en plus performants grâce à la compilation JIT (TraceMonkey de Firefox, V8 de Chrome, SquirrelFish de Safari). Le format lu par le lecteur Flash n’est ouvert que depuis 2008 et Adobe maitrise exclusivement son avenir, ce qui ne favorise pas la concurrence. Quelques lecteurs alternatifs existent comme Gnash mais ils ont encore beaucoup de retard à rattraper.

Unification entre les systèmes d’exploitation

Un autre enjeu intéressant est la portabilité sur les différents systèmes d’exploitation. Le lecteur Flash est plus consommateur sur Mac OS X et sur Linux que sur Windows et la version 8 n’avait pas été porté sur les systèmes Linux. Windows étant le système d’exploitation majoritairement utilisé, cela explique certainement les priorités qu’Adobe donne à ses développements. Les différences de performances entre le même navigateur sur des OS différents ne sont pas aussi flagrantes. HTML 5 devrait gommer ces différences dans le sens où un effort est déjà fait pour certains navigateurs comme Firefox ou Opera, disponibles sur plusieurs systèmes d’exploitation.

Utilisation sur mobiles

La proportion d’utilisation d’un mobile pour naviguer sur Internet est devenue non négligeable. Le lecteur Flash n’est pas bien armé pour cette utilisation : certains mobiles comme l’iPhone n’ont pas de lecteur Flash et les autres mobiles ne possèdent pas un lecteur Flash performant et aussi évolué que celui disponible sur poste de travail. Adobe annonce la version 10.1 qui devrait résoudre ces soucis, mais Apple refuse toujours qu’il y ait un plugin Flash sur le navigateur pour ne pas remettre en cause le business model de leur AppStore. Or, tous les récents smartphones bénéficient déjà des apports d’HTML 5. Les navigateurs de ces mobiles profitent des mêmes avancées que les navigateurs des postes de travail, le même moteur de rendu est utilisé. Dès lors, la même application Web pourra être utilisée sur les différents smartphones du marché contrairement à une application Flash.

Interaction avec tous les standards

La possibilité d’utiliser tous les standards ensemble est le grand intérêt que l’on peut voir à l’utilisation de HTML 5 plutôt que Flash. Dans une page HTML, il est difficile d’interagir et de communiquer avec le Flash. Ce n’est pas un souci lorsque l’application est entièrement réalisée en Flash, mais uniquement lorsque le Flash ne concerne que quelques parties de l’application. Il est possible de faire communiquer la page HTML et le Flash par le biais du JavaScript mais il s’agit de la seule possibilité, exit les possibilités du CSS, du SVG, etc. Combiner l’utilisation de tous les standards décuple les possibilités d’interaction et de rendu visuel pour l’utilisateur. Dans une démonstration, Dailymotion présente ce qu’il est possible de faire en mixant les standards sur la balise <video> : filtre, rotation, lumière d’ambiance selon la vidéo,  etc.

HTML 5 est une alternative à Flash

HTML 5 est en pleine construction et les navigateurs modernes n’hésitent pas à l’implémenter au fur et à mesure que la spécification avance. Toute cette effervescence autour de cette nouvelle norme améliore grandement les possibilités et les performances de nos navigateurs sans avoir recours à des plugins externes comme Silverlight ou Flash. HTML 5 est donc clairement une alternative à ces plugins. Si Microsoft et Adobe ont fait le choix de reposer leur technologie d’IHM sur un plugin, Google a décidé avec son framework GWT de se reposer entièrement sur les moteurs de rendu des navigateurs.  Adobe Flex permet d’avoir des animations, des vidéos et des styles graphiques très séduisants, mais GWT pourrait tirer partie des bénéfices d’HTML 5 en exploitant au maximum les possibilités de cette spécification afin de réduire l’écart avec Flex.

  • diffusion audio et vidéo
  • diffusion audio et vidéo
  • diffusion audio et vidéo

via InternetActu.net de Hubert Guillaud le 17/11/09

L’informavore caractérise l’organisme qui consomme de l’information pour vivre, explique le journaliste et éditorialiste Frank Schirrmacher, coéditeur du premier quotidien national allemand le Frankfurter Allgemeine Zeitung dans une passionnante interview à la revue The Edge.

Quelles informations retenir ? Qui va les retenir pour nous ?

“Nous sommes apparemment aujourd’hui dans une situation où la technologie moderne change la façon dont les gens se comportent, parlent, réagissent, pensent et se souviennent.” Nous dépendons de plus en plus de nos gadgets pour nous souvenirs des choses : comme le disait Daniel Dennet, nous connaissons une explosion démographique des idées que le cerveau n’arrive pas à couvrir. “L’information est alimentée par l’attention : si nous n’avons pas assez d’attention, nous n’avons pas assez de nourriture pour retenir tout ces renseignements.” Or, à l’âge de l’explosion de l’information que faut-il retenir ? Que faut-il oublier ? Pendant des siècles, explique Frank Shirrmacher, ce qui était important pour nous était décidé par notre cerveau : désormais, il sera décidé ailleurs, par nos objets, par le réseau, par le nuage d’information dont nous dépendons. “Ce n’est pas un hasard si nous connaissons une crise de tous les systèmes qui sont liés soit à la pensée soit à la connaissance” : édition, journaux, médias, télévision, mais également université comme tout le système scolaire. Ce n’est pas une crise de croissance, mais bien une crise de sens : “la question est de savoir ce qu’il faut enseigner, ce qu’il faut apprendre et comment. Même les universités et les écoles sont tout à coup confrontées à la question de savoir comment enseigner.”

Image de l'interview vidéo de Frank Schirrmacher par The Edge
Image : portrait de Frank Schirrmacher extrait de l’interview vidéo proposée par The Edge.

A la fin du XIXe siècle, rappelle l’essayiste, “à la rubrique nouvelles technologies, les discussions étaient vives autour du moteur humain. Les nouvelles machines de la fin du XIXe siècle exigeaient que les muscles de l’être humain s’y adaptent. En Autriche et en Allemagne notamment, un courant philosophique réfléchissait à comment changer la musculature ! Le concept de calories a été inventé à cette époque afin d’optimiser la force de travail humain. Au XXIe siècle, on retrouve le même type de question avec le cerveau. Le muscle que nous avons dans la tête, le cerveau, doit s’adapter. Or, ce que nous savons des études récentes montre qu’il est difficile pour le cerveau de s’adapter au multitâche.” Nous passons de l’adaptation des muscles aux machines à celui de l’adaptation du cerveau aux machines à travers les questions du multitâche ou de l’infobésité qu’adressent à nous les technologies de l’information et de la communication. “Le concept d’informavore qui conçoit l’être humain comme un dévoreur d’information a beaucoup à voir avec nos anciennes chaines alimentaires”, avec la nourriture que vous prenez ou pas, avec les calories qui sont bonnes ou mauvaises pour vous ou votre santé.

L’outil n’est pas seulement un outil, il façonne l’humain qui l’utilise. Du moment que les neuroscientifiques et d’autres se sont mis à utiliser l’ordinateur pour analyser la façon de penser des hommes, quelque chose de nouveau à commencé. Quelque chose qui pose la question du libre arbitre, comme le disait déjà Jaron Lanier, le gourou de la réalité virtuelle. “A l’heure de l’internet en temps réel, la question de la recherche prédictive et du déterminisme devient plus importante.”

Les algorithmes prédictifs vont-ils décider pour nous ?

Frank Schirrmacher imagine que la question de la prédiction – comme la prévisibilité des tendances de recherches que réalise déjà les outils de Google sur la grippe et dans bien d’autres domaines – va avoir un impact important sur la notion de libre arbitre. Google saura avant nous si le concert que nous nous apprêtons à regarder ce soir va nous intéresser, parce qu’il sait comment les gens en parlent, qu’il calcule et analyse non seulement les comportements de la société, mais aussi les nôtres permettant de situer nos comportements dans l’univers social, explique Schirrmacher. En recueillant de plus en plus de données comportementales et en y appliquant des algorithmes prédictifs de plus ne plus sophistiqués, notre perception de nous-même va se modifier. Alors que pour certains psychologues – comme John Bargh – clament que rien n’est plus important que le libre arbitre, nous sommes confrontés à un avenir où tout va être prévisible par les autres, via le nuage informatique et la façon dont nous sommes liés via l’internet. Les nouvelles technologies, qui sont en fait des technologies cognitives, s’adressent à notre intelligence, à notre pensée et s’opposent désormais à nos façons de penser traditionnelles.

Et Schirrmacher d’en appeler à mieux comprendre les transformations qui se font jours : “Qu’est-ce que Shakespeare et Kafka, et tous ces grands écrivains, ont réellement faits ? Ils ont traduit la société dans la littérature. Ils ont traduit la modernisation dans la littérature… Maintenant, nous devons trouver des personnes qui traduisent ce qui se passe dans la société au niveau des logiciels. Les textes vraiment importants, qui écrivent notre vie aujourd’hui et qui sont, en quelque sorte, les histoires de notre vie sont désormais les logiciels – or ces textes ne sont pas examinés. Nous devrions avoir trouvé les moyens de transcrire ce qui se passe au niveau des logiciels depuis longtemps – comme Patty Maes ou d’autres l’ont fait : juste l’écrire et le réécrire de manière à ce que les gens comprennent ce que cela signifie réellement. Je pense que c’est aujourd’hui une grande lacune. Vous ne pourrez jamais vraiment comprendre en détail comment Google fonctionne, car vous n’avez pas accès au code. On ne nous donne pas l’information pour comprendre.”

Sommes-nous prêts à accepter de constater combien notre fonctionnement personnel est dépendant de notre environnement social ?

Parmi les nombreuses réponses que cet article a suscité, signalons, celle de John Bargh, psychologue et directeur du Laboratoire de l’automatisme pour la cognition, la motivation et l’évaluation à l’université de Yale, qui abonde dans le sens de Schirrmacher.

“J’ai tendance à moins m’inquiéter de la surcharge d’information sur le plan personnel et individuel qu’au niveau sociétal et gouvernemental. Voilà longtemps que le cerveau humain a l’habitude d’être surchargés d’informations sensorielles (…). Le cerveau est habitué à traiter avec des messages contradictoires aussi, ainsi qu’à gérer et intégrer l’activité de nombreux sous-systèmes tant physiologiques que nerveux – mais comme le montre les travaux de Ezequiel Morsella, cela tout en conservant cette gestion hors de notre vue de manière qu’il nous semble ne pas en faire l’expérience.

Nous sommes déjà et depuis longtemps multitâches. Mais nous le faisons (plutôt bien) inconsciemment, non consciemment. Nous sommes moins doués pour le multitâche conscient (comme parler au téléphone quand nous conduisons) en raison des limites de l’attention consciente. A mesure que nous acquérons des compétences, ces compétences requièrent de moins en moins d’attention consciente (…). Conduire un véhicule nécessite de fortes capacités à être multitâche de prime abord, mais cela devient beaucoup moins difficile parce que notre capacité à être multitâche se déplace avec le temps.

Mais Schirrmacher a bien raison de s’inquiéter des conséquences d’une base de connaissances numérisées universellement disponibles, surtout si elle concerne les prévisions de ce que les gens vont faire. (…) La découverte de l’omniprésence des influences situationnelles pour tous les principaux processus mentaux de l’homme nous dit quelque chose de fondamentalement nouveau sur la nature humaine (par exemple comment notre fonctionnement est étroitement lié et adapté à notre environnement physique et social notamment). Il supprime le libre arbitre qui génère les choix et les pulsions comportementales, les replaçant dans le monde physique et social, sources de ces impulsions.

La découverte qu’il est facile d’influencer et de prédire le comportement des gens est désormais exploité comme un outil de recherche parce que nous savons que nous pouvons activer et étudier des systèmes psychologiques humains complexes avec des manipulations très simples. (…) C’est parce que ces études sont relativement faciles à réaliser que cette méthode a ouvert la recherche sur la prédiction et le contrôle du jugement et du comportement humain, et l’a démocratisé (…). Cela a produit une explosion de la connaissance des contingences des réponses humaines à l’environnement physique et social. Et je m’inquiète comme Schirrmacher, parce que nous construisons si rapidement un atlas de nos influences inconscientes que nous pourrons bien les exploiter via des dispositifs de calculs toujours plus rapides alors que les connaissances s’accumulent à un rythme exponentiel.”

Je me connais donc je suis… et c’est tout !

Plus le Web – cette vaste “base de données des intentions”, comme l’a brillamment appelé John Battelle – croît, plus il est difficile de discerner si ces intentions sont les nôtres ou pas, conclut avec raison Nicholas Carr.

Heureusement, tout le monde ne partage pas ce pessimisme. Nick Bilton, professeur à l’université de New York, designer pour le New York Times, répond : “Je suis profondément perplexe devant les penseurs intelligents et novateurs qui pensent qu’un monde connecté est nécessairement un monde négatif. (…) Ce n’est pas notre peur de la surcharge d’informations que fait tergiverser nos égos, mais la crainte que nous soyons en train de manquer quelque chose.”

Qu’est-il important ou pas de savoir demande Frank Schirrmacher. “La réponse est claire et pour la première fois dans nos existences, l’internet et la technologie la rendent possible”, estime Bilton : “c’est l’importance de l’individualisme. Ce qui est important pour moi ne l’est pas pour vous, et vice-versa. Et l’individualisme est l’incarnation du libre arbitre. Le libre arbitre n’est pas un moteur de recommandation, n’est pas un algorithme de Google ou d’Amazon : c’est la capacité de partager nos pensées et nos histoires avec qui souhaite les utiliser pour que nous puissions en retour utiliser les leurs. Ce qui importe c’est notre capacité à discuter et présenter nos points et de vue et écouter les pensées des autres.”

La réponse est forte… mais peut-être un peu courte. En enregistrant toujours plus nos données, en nous permettant de nous documenter plus avant, ces systèmes renforcent certes notre individualisme, mais ils nous rendent aussi plus perméables aux autres, plus conscients de nos influences. Peut-être que cela permettra à certains de mieux y réagir… Mais est-ce que ce sera le cas de tous ?

algorithmie, cognition, lifelog, prospective

via ContreInfo de Philippe Barbrel le 17/11/09
« Plus de 40 millions d'hectares, dont 20 millions rien qu'en Afrique, ont changé de mains ou sont l'objet de négociations, » souligne l'ONG GRAIN, qui note l'apparition depuis juillet 2008 des « fonds de couverture, groupes de capital-risque, banques d'investissement » parmi les nouveaux acquéreurs de terres agricoles. Intervenant dans des pays où l'auto suffisance alimentaire n'est pas garantie, ces prises de contrôle vont renforcer « la tendance à la production alimentaire contrôlée par les multinationales et tournée vers l'exportation, » au détriment de l'agriculture de subsistance, a averti l'organisation, à l'occasion d'une conférence de presse commune avec Via Campesina.