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La nouvelle ère biotechnologique qui s’ouvre sera-t-elle dominée par de gigantesques corporations sans âme, motivées uniquement par l’appât du gain, et dont Monsanto apparait dans l’esprit du public comme l’archétype ? Ou au contraire, la biologie va-t-elle connaitre l’équivalent de la révolution micro-informatique, et tombera-t-elle entre les mains du grand public, pour le meilleur et, peut-être aussi pour le pire ? En tout cas, dès aujourd’hui, à l’ombre des grosses sociétés pharmaceutiques ou agroalimentaires, un nouvel “underground” s’active : biopunk, biologie de garage , DIYbio (DIY pour do it yourself, c’est-à-dire “faites le vous-même”), biohacking, peu importe le nom qu’on lui donne, tout un courant de docteurs Frankenstein en herbe s’active pour battre les grands laboratoires à leur propre jeu à l’aide d’outils à peine plus complexes que des ustensiles de cuisine.
Demain nous créerons des jeux vivants
Certes la technologie n’est pas encore là. Mais elle arrive, pensent ses aficionados, et il serait temps de s’y préparer. Selon eux, les prix vont tellement baisser que bientôt un amateur pourra s’offrir tous les outils nécessaires au séquençage et à la synthèse de l’ADN comme le rappelle Rob Carlson. Rappelons ce qui s’est déjà passé avec la génomique : le séquençage d’un génome complet coutait quelques centaines de millions d’euros il y a à peine deux ans. Il ne vaut plus que 3 700 euros aujourd’hui, tandis que d’autres compagnies envisagent de le faire tomber à 60 euros. Des “biopunks”, justement, souhaitent arriver à produire le génome à 0 $, séquencé par tout un chacun avec le matériel du bord !
Pour le célèbre astrophysicien Freeman Dyson, la création d’organismes vivants inédits pourrait bien devenir le loisir des enfants de demain, expliquait-il dans la livraison de juillet 2007 de la New York Review of Books. “Concevoir des génomes deviendra une activité personnelle, une nouvelle forme d’art comme la peinture ou la sculpture. (…) L’étape finale dans la domestication de la biotechnologie sera la création de jeux biotechs, conçus comme des jeux vidéos pour les enfants à partir de la maternelle, mais joués avec de vrais oeufs et de vraies graines au lieu d’images sur un écran. Le gagnant sera le gamin qui créera les graines engendrant le cactus le plus épineux, ou celui dont l’oeuf donnera naissance au dinosaure le plus mignon.”
Mais les biopunks ne se contentent pas de spéculer sur un avenir, même proche, où la biotechnologie deviendrait accessible à tous. Il veulent mettre les mains dans le cambouis dès aujourd’hui. Ils s’échangent déjà les trucs leur permettant d’aller le plus loin possible dans la manipulation du vivant. Les nouveaux biologistes commencent à explorer les moyens d’effectuer les opérations de base sur l’ADN à l’aide d’un matériel à bas prix.
L’une des pages présentant ces techniques s’est appelée “projet McGyver” et c’est bien sous les auspices de ce héros télévisé des années 80, adepte bricolo de solutions de dernier recours, que se situe le travail des biohackers.
“Aussi incroyable que cela paraisse”, affirme Attila Chordash, l’un de ces hackers nouveau style, “les bases de la biologie moléculaire, ce qu’est l’ADN, comment l’information y est codée, comment elle passe par l’ARN, comment les triplets de bases produisent des aminoacides, qui sont les briques des protéines qui constituent votre corps, tout cela peut être appris en deux heures. Après il suffit de deux semaines de travail intensif dans un laboratoire officiel avec un instructeur et vous pouvez travailler avec ces éléments.”
Bricolage génétique
Première étape, la plus facile, extraire l’ADN. De l’eau, de l’alcool et du savon devrait suffire à l’opération, quoique une version plus sophistiquée conseille aussi, surprise, l’usage de jus d’ananas ! Vient ensuite l’amplification, ou PCR. Son but est de multiplier une chaine d’ADN spécifique après extraction, afin de mieux pouvoir la manipuler. Cela demande des produits chimiques comme l’ADN polymérase ou les “amorces”, des composants spécifiques qu’on peut toujours commander en laboratoire, mais également l’usage d’un “four” particulier, capable de faire varier la chaleur de manière précise pendant différentes périodes de temps. Un tel objet coute quelques milliers d’euros, mais les bricoleurs peuvent trouver le moyen d’en fabriquer un avec un micro-contrôleur d’environ 165 euros.
La troisième étape est l’électrophorèse. Elle permet de trier les brins d’ADN qu’on possède dans un tube à essai en fonction de leur taille. L’électrophorèse sert notamment à établir des empreintes génétiques. Là aussi, du matériel est nécessaire, mais la revue Make nous explique comment le réaliser avec tournevis, morceaux de carton et matériel électrique de base. Ce magazine, bible du “faites-le vous-mêmes” en tout genre, est d’ailleurs souvent cité comme une ressource indispensable aux biologistes amateurs, surtout le numéro spécial consacré à la “biologie d’arrière-cour” (malheureusement indisponible en ligne). Il faut dire que les magazines de bricolage avec des signatures aussi prestigieuses que celles de Bruce Sterling, Cory Doctorow, ou George Dyson (fils de Freeman et frère d’Esther) sont plutôt rares !
Si ces notions d’extraction, d’électrophorèse ou d’amplification vous semblent par trop abstraites, vous pourrez vous rendre sur ce site et effectuer vous même ces opérations dans les “labos virtuels” qui y sont mis à votre disposition.
Biologie pour hackers.
S’il existe un quartier général pour ces biokackers, il se situe sans aucun doute au MIT, là où a été lancé le projet OpenWetWare. L’open WetWare fait référence au matériel informatique (hardware) et logiciel (software), mais en utilisant du matériel “humide” (wet) c’est-à-dire vivant.
L’idée de base d’OpenWetWare est bien plus typique d’un état d’esprit “hacker” que de celui d’un biologiste. Elle est de pratiquer une ingénierie inversée du vivant, en essayant de créer des briques, des portions d’ADN qui possèdent des fonctions précises, et dont les entrées-sorties sont parfaitement connues. Ce n’est pas le cas des génomes produits par la nature : ils sont souvent extraordinairement compliqués. C’est très dur de démêler qu’est-ce qui fait quoi dans un code génétique “naturel”: il est difficile de comprendre quels sont les effets de telle ou telle combinaison de gènes. Comme le dit Drew Endy, le créateur d’OpenWetWare: “Les ingénieurs détestent la complexité. Je déteste les propriétés émergentes. J’aime la simplicité. Je ne veux pas que l’avion que je vais prendre demain manifestent des propriétés émergentes pendant son vol”. Avec les “biobricks”, au contraire, on peut manipuler l’ADN de manière relativement simple, comme le ferait un ingénieur. En fait, il s’agit de pouvoir créer du vivant comme si on assemblait un circuit imprimé. L’autre point important des biobricks d’OpenWetWare est, comme le nom du projet l’indique, le caractère open source de ces constructions. N’importe qui peut avoir accès à ces Legos.
Les biobricks se prêtent facilement à la création de concours ou de jeux. Le plus connu d’entre eux est l’IGEM, qui met en concurrence diverses équipes du monde entier qui doivent rivaliser d’imagination dans leurs créations. En 2007, c’est d’ailleurs une équipe française qui a gagné le premier prix dans la catégorie “recherche fondamentale”, pour la création d’un organisme multicellulaire bactérien.
Il y a quelques mois, la revue de science-fiction et de futurisme io9 a lancé un concours demandant aux participants d’élaborer une nouvelle créature vivante. Deux prix étaient disponibles. L’un couronnait la meilleure oeuvre d’imagination dans ce domaine, et appartenait donc au domaine classique de la science-fiction. Mais la seconde demandait de soumettre le meilleur projet conçu avec des biobricks. Le gagnant, Vijaykumar S. Meli, a conçu et modélisé une bactérie qui pourrait faciliter la culture du riz.
Ce travail, qui existe pour l’instant à l’état de pur modèle théorique, pourrait être réalisé dès aujourd’hui dans un laboratoire. C’est un des points forts des biobricks : elles permettent de “penser” de nouvelles créatures sur le papier (ou sur l’écran) de manière purement intellectuelle, sans même nécessiter le moindre tube à essai !
Bien entendu, les biobricks sont des entités totalement abstraites, qui n’existent que sur le papier sur l’écran d’un ordinateur. On rêverait d’une espèce de compilateur, qui prendrait les spécifications élaborées avec les biobricks et construirait, pas à pas, l’organisme demandé dans le monde réel ! Une espèce d’imprimante 3D biologique, en somme. On en est pas là, mais il existe déjà des efforts pour faire passer ces biobricks du virtuel au réel. C’est le propos d’une des premières startups du domaine, Ginkgo Bioworks qui a enthousiasmé récemment le magazine économique Forbes. Fondée par des participants à OpenWetWare, Thomas Knight, l’inventeur des biobricks, Reshma Shetty et Barry Canton, le but de cette compagnie est précisément de commercialiser ces morceaux d’ADN que sont les “biobricks”, sous la forme de capsules collées à des feuilles de papier. Il suffit de placer cet ADN dans une solution contenant des bactéries pour rendre celles-ci fluorescentes, ou leur donner une odeur de banane…
La compagnie espère toutefois vendre plutôt ces briques aux grosses compagnies de biotech, plutôt qu’à leurs camarades hackers. Elle n’en est pas moins un pur produit de cette nouvelle génération de biologistes, inspirés par l’histoire de la Silicon Valley : “Deux gars peuvent s’assoir dans un café et décider de monter une entreprise Web. Nous voulons montrer que cela peut aussi arriver avec la biotech”, affirme Jason Kelly, “coloc” de Barry Canton, qui avait tenté de construire avec lui un labo à très bas prix.
“Pas un loisir comme les autres”…
Naturellement une telle diffusion des techniques de manipulation du vivant ne va pas sans susciter des questions éthiques. On a assez de problèmes avec les OGM, que faire si la prochaine épidémie est déclenchée par le voisin du dessous ? Évidemment, cela ressort pour l’instant à la science-fiction, mais, alors que les biogaragistes se mettent déjà aux travaux pratiques, les aficionados de la sécurité préfèrent, eux aussi, ne pas attendre le futur pour agir. En effet, faire de la science chez soi risque d’attirer les foudres des services de police.
Ainsi, cet été, un paisible chimiste retraité, Victor Deeb, a-t-il vu sa maison fouillée par la police et son matériel confisqué par les autorités, alors qu’il voulait simplement effectuer quelques expériences en amateur. La police a reconnu que les produits confisqués n’étaient pas plus dangereux que ce qu’on trouve habituellement dans une remise de jardinage ou une cuisine, mais, comme l’a expliqué un agent de la force publique : “Je pense que Mr Deed a franchi une ligne quelque part. Ceci n’est pas ce que nous considérons comme une occupation de loisirs habituelle”.
Il faudra donc peut être un peu de temps pour offrir à votre enfant un kit de manipulation génétique en toute légalité. Dans l’attente, il vous reste l’eau, le savon et… le jus d’ananas !
apprenti sorcier, biotechnologies, culture libre, NBIC
Bessemer Venture Partners a lancé une startup du nom de MashLogic en beta privé hier. Le but ambitieux de cette startup: aider les utilisateurs à se “ré-approprier le web”.
Ils affirment (et ils ne sont pas les seuls) que le web est aujourd’hui mené par ce qu’on pourrait appeler l’économie des pages lues et par les “manipulations” SEO. Le résultat est une expérience web nettement moins optimale.
Le système fonctionne via des scripts de Greasemonkey qui retire les liens ‘inutiles” et un service comme celui de Adaptive Blue rajoute des options de navigation et de liens via une extension. Sphere, acquis par AOL cette année, propose aussi aux utilisateurs du contenu en rapport qui pourrait les intéresser en fonction de la page où ils se trouvent.
Mashlogic propose une approche plus directe. il s’agit d’une extension pour Firefox à installer mais sans barre d’outils. il suffit de changer les paramétres afin de déterminer quelles informations vous aimeriez intégrer sur vos pages web. Le plus facile, par exemple : des liens vers Wikipedia mais aussi des liens de société vers LinkedIn, un convertisseur de monnaies, etc…. Une sorte de couteau Suisse des Hyperliens.
Une option intéressante est celle qui permet de supprimer tous les liens sur une page et de garder seuls ceux de MashLogic. Vous pouvez aussi créer une “blacklist” de domaines que vous ne souhaitez pas voir apparaître sur la page.
Une fois vos paramétrés configurés, des liens commenceront à apparaître sur la page. Les sportifs ont des stats, les politiciens des sondages, etc..Ou bien encore des cartes géographiques,etc..
L’idée est de vous éviter de retourner sur un moteur de recherche à chaque fois que vous avez besoin d’une info en rapport avec ce que vous lisez. Nos premiers tests nous ont donné des résultats très pertinents (comme ce lien sur le mot “Bessemer Ventures” qui lie vers CrunchBase; ex ci-dessous)
Si vous passez avec la souris sur un lien vers un clip, vous pouvez le visionner en pop-up.
Le modèle économique:
La façon la plus facile de gagner de l’argent sera de placer des liens vers des produits ecommerce, exploiter un système d’affiliés. Mais le service compte aussi être une base de données pour les différentes activités de liens et il existe plusieurs façons de monétiser cette idée.
MashLogic encourage aussi la distribution. L’idée est en effet que si le concept fonctionne, pourquoi ne pas directement proposer aux éditeurs de contenu de le fournir aux utilisateurs avec les données de votre site pré stockées à l’avance. Les utilisateurs fidèles lecteurs de votre site pourront ainsi accéder à votre contenu où qu’ils se trouvent sur le web. Si le concept attire suffisamment de monde il pourra être également vendu sous licence directement sur les navigateurs web.
Note d’Ouriel: j’utilise mashLogic depuis 24h et j’en suis très content. Notamment pour identifier facilement le profil de sociétés ou le type de relation que j’ai avec quelque notamment sur FriendFeed ou Facebook où l’on oublie rapidement qui est qui après avoir accepté une invitation. Très pratique aussi sur TechCrunch France por savoir qui vous êtes (si vous laissez votre vrai nom bien sûr, voir exemple ci-dessous). Mashlogic rappellera certainement Apture à la différence que ce dernier est place par l’éditeur et Mashlogic intervient automatiquement. D’ailleurs je vous conseille de désactiver certains filtres sinon votre navigateur va être rempli de liens
Promo: CrunchBoard France: Il serait temps de trouver un nouveau job, non?
Direct-Avocat propose pour quelques euros, de
vous faire sauter vos amendes et de récupérer vos points perdus sur
votre permis de conduire.
À l’origine de ce service se trouve un avocat spécialisé dans la défense des automobilistes, Yannick Rio, habitué des actions médiatiques et dont le combat est relayé depuis des années par la télévision. Aujourd’hui, son site Internet déchaine les passions et pose beaucoup de questions.
Yannick Rio est sûr de son fait et promet la consultation immédiate d’un avocat 24h/24, ainsi que la rédaction individuelle des actes de procédure pour le prix imbattable de 4 euros dans le cas d’amendes de type stationnement, vitesse, feu rouge grillé, etc. Et pour la somme modique de 8 euros, il vous propose ni plus ni moins que de récupérer vos points perdus, là où il vous en couterait au moins 1500 euros chez n’importe quel autre procédurier.
(Source: infos-du-net.com)
Il y a quasiment un an jour pour jour, le groupe Radiohead annonçait la sortie de son nouvel album In Rainbows avec un modèle économique inédit pour un groupe déjà bien établi sur la scène médiatique. Les internautes étaient invités à télécharger l'album en fixant eux-mêmes le prix du téléchargement, tandis que différents coffrets physiques étaient proposés à des prix relativement élevés pour les plus grands fans. Mais les résultats financiers de l'opération avaient été gardés précieusement secrets. Ils ne le sont plus.

























