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Les fondateurs de la mécanique quantique, Bohr, Heisenberg et Schröding...
Déclaration commune des Attac d’Europe sur la crise financière et les alternatives démocratiques.
À la fondation d’Attac, en 1998, ce slogan se détachait sur fond de krach financier en Extrême-Orient. Depuis, nous avons vécu d’autres crises provoquées par les marchés financiers : en Russie, au Brésil, en Turquie, en Argentine, l’éclatement de la bulle de la « nouvelle économie » en 2001.
Actuellement, le monde riche est au milieu de la crise la plus grave depuis la Grande Dépression de 1929. Le krach de Wall Street, en septembre 2008, marque la fin d’une époque : le système du capitalisme financier, un système mû par la recherche du profit maximum, s’est écroulé. Il s’est détruit par ses propres contradictions. Les ondes de choc viennent d’atteindre l’économie réelle. Les États-Unis sont entrés en récession, suivis par l’Union européenne. En fin de compte, c’est l’économie mondiale qui en subira les conséquences.
La contraction de l’activité économique va entraîner davantage de chômage et d’inégalité. De nouvelles pressions vont être exercées sur les salariés pour qu’ils acceptent davantage de “flexibilité sur le marché du travail”, une diminution des salaires et de la protection sociale. La diminution de la demande globale provenant des pays riches aura des répercussions sur les économies vulnérables des pays en développement et augmentera la pauvreté. Les Objectifs du Millénaire, comme les objectifs d’un développement planétaire qui soit durable et respectueux de conditions sociales et de protection de l’environnement, deviennent tout à fait impossibles à atteindre.
Crise financière et récession coïncident avec de brutales variations du prix du pétrole et de la nourriture, qui ont débouché sur une grave crise sociale et des émeutes de la faim dans plusieurs pays du Sud. Les variations des prix des matières premières et de la nourriture ont des causes multiples. Mais à nouveau, comme pour les différentes crises financières, la spéculation par des fonds de placement et autres investisseurs institutionnels a largement contribué à l’instabilité des prix.
Le déclencheur de la crise fut les prêts hypothécaires excessifs consentis à des ménages en situation précaire aux États-Unis et la procédure de titrisation qui a permis de vendre ces créances douteuses à des institutions financières et à des ménages, tant aux États-Unis qu’ailleurs dans le monde. La vague de ruptures de paiement a eu des conséquences dramatiques pour les institutions financières (banques d’affaires et d’investissement, hedge funds, et maintenant les grandes banques traditionnelles). Maintenant c’est même le secteur non financier qui est affecté. La perspective économique, sociale et environnementale pour 2009 est sombre pour la plus grande partie de la planète.
Nous aurions dû nous y attendre. Le krach confirme malheureusement les prévisions d’économistes hétérodoxes comme le prix Nobel Joseph Stiglitz, Attac, les mouvements sociaux et d’autres voix critiques. Même les superviseurs savaient que le système était au bord du gouffre, mais il n’y avaitpas de volonté d’agir à cause de la croyance dominante dans les capacités autorégulatrices du marché.
Aujourd’hui, sous la pression de la crise, même la communauté financière réclame des réformes. Mais les réformes proposées ne vont pas assez loin, puisqu’elles ne s’en prennent pas aux problèmes systémiques qui expliquent la crise. Elles concernent surtout le secteur financier et visent la stabilité. Ce n’est pas suffisant. Le capitalisme financier a également des conséquences désastreuses sur la distribution de la richesse et la démocratie. Si les banquiers réclament une intervention de l’État, ce qu’ils veulent c’est socialiser les pertes et garder les bénéfices dans des poches résolument privées. L’opération de sauvetage menée par le gouvernement des États-Unis pour 700 milliards de dollars (la plus importante qui ait jamais eu lieu), les interventions au Royaume-Uni, en Allemagne et dans d’autres pays européens relèvent de cette logique. Quand la communauté financière parle de réforme, il s’agit au mieux d’une (re)réglementation ponctuelle et de gestion de crise à court terme, histoire de sauver le néolibéralisme et de retrouver les bonnes vieilles habitudes une fois le danger passé.
Ce qu’il nous faut, dans l’intérêt de la grande majorité de la population, ce sont de véritables changements vers un autre paradigme, où la finance doit être un instrument au service de la justice sociale, de la stabilité économique et du développement durable. Nous ne devons pas accepter un retour au statu quo dans les années qui viennent.
La crise n’est pas le résultat d’un malheureux concours de circonstances, pas plus qu’elle ne peut se réduire à quelque défaillance d’un système de contrôle, des agences de notation ou à des erreurs d’acteurs individuels. Ses racines sont systémiques et c’est donc la structure et les mécanismes du système lui-même qui sont en cause.
Les marchés financiers représentent le centre et le moteur de la mondialisation néolibérale. La domination du secteur financier sur l’économie réelle remonte à l’introduction de taux de change flottants entre les principales devises en 1973, en même temps qu’était aboli tout contrôle sur les mouvements de capitaux et qu’étaient libéralisés et dérégulés les marchés financiers, y compris des firmes d’audit soi-disant indépendantes mais en fait directement soumises à la pression du secteur financier. Depuis, les institutions financières et les mécanismes qu’elles mettent en place ont connu une expansion rapide ; la masse des actifs financiers, les dettes et la recherche de bénéfices se développent de concert. Il est important de garder à l’esprit la brutale accélération de ce processus après 2001, quand l’économie américaine se remettait de la crise des nouvelles technologies, en particulier l’augmentation spectaculaire de la dette intérieure des États-Unis (notamment l’endettement des ménages) et de son déficit extérieur, financé par le reste du monde.
Ces tendances combinées ont mené au développement d’un nouveau modèle économique, une nouvelle forme de capitalisme, que certains appellent mondialisation, d’autres capitalisme financier et d’autres encore capitalisme actionnarial. Peu importe le nom, un fait est clair : alors qu’auparavant les marchés financiers avaient un rôle subordonné à l’économie réelle, ce rapport a été inversé. La priorité donnée aux « intérêts financiers » sur l’économie « réelle » fait que toutes les activités économiques servent à créer des bénéfices sur les marchés financiers et que des instruments financiers sont inventés pour faire des bénéfices uniquement sur les marchés financiers, sans se préoccuper de préserver une production et une agriculture durables ni d’ailleurs de l’épargne des clients « normaux ». La logique et la dynamique de maximisation des profits immédiats pénètrent tous les pores de la vie économique et sociale. La mobilité parfaite du capital financier, résultat des politiques néolibérales, joue un rôle crucial dans l’économie mondiale actuelle. Elle crée une concurrence planétaire non seulement entre entreprises multinationales, mais entre États, entre leurs systèmes sociaux et fiscaux, entre les travailleurs de différentes parties du monde. En créant un rapport de pouvoir favorable au patronat et défavorable aux travailleurs, cette domination du capital a mené à des inégalités croissantes, à une diminution des normes sociales et environnementales ainsi que des conditions de travail, et à la privatisation des biens fondamentaux et des services publics.
Bref, la « liberté » des acteurs financiers s’est étendue au détriment de la vaste majorité des gens et a développé des activités économiques qui détériorent l’environnement ; l’échec de ce modèle n’a jamais été aussi évident qu’aujourd’hui, comme l’attestent la crise alimentaire, la crise énergétique et les changements climatiques. Ce modèle, soutenu par les gouvernements partout dans le monde, est complètement discrédité. Il faut donc en tirer les conséquences afin que les décideurs politiques et économiques inversent complètement ce système financier inéquitable et incompatible avec un développement durable, afin de mettre l’économie au service de l’équité, du développement durable et des besoins de la population.
Une occasion historique s’est créée. Il dépendra de la pression de l’opinion publique de la transformer en une politique radicalement différente.
Un autre système financier est possible : stabilité et solidarité avant le profit
La complexité du système financier actuel rend impossible la résolution des problèmes par une quelconque solution miracle. Il n’y a pas de solution miracle. Il faut toute une boîte à outils. Cependant, si nous pensons aux centaines de propositions qui vont être formulées et faire l’objet de controverses, nous pouvons définir quelques exigences élémentaires qui doivent être satisfaites pour qu’une proposition soit acceptable en tant que réforme émancipatrice.
A. Des changements systémiques et non des réparations d’urgence
C’est l’ensemble du système financier sous sa forme néolibérale qui s’est avéré économiquement instable, inefficace et dommageable pour l’égalité, le bien-être général et la démocratie. Ce sont donc des changements systémiques qui s’imposent. Un de nos objectifs est de briser les piliers du néolibéralisme, en particulier la mobilité planétaire du capital. Quelques mesures de régulation visant à sauvegarder la richesse et l’accumulation d’actifs financiers ou des réformes cosmétiques visant par exemple à davantage de « transparence » ne sont pas acceptables.
B. Un nouveau Bretton Woods plutôt que des forces du marché autorégulées
La crise démontre que les marchés non réglementés par le politique produisent des résultats catastrophiques. Un contrôle démocratique est donc nécessaire, ainsi qu’une coopération internationale plutôt qu’une concurrence délétère entre économies nationales. Dans les décisions économiques, il faut donner la priorité au développement durable et aux droits humains de toutes les générations.
Il convient de créer un contexte institutionnel approprié, sous les auspices des Nations unies, afin de réguler et réorienter le système financier. Il faut que cette instance soit démocratiquement responsable et prenne des mesures visant l’équité et le développement durable. Elle doit pouvoir empêcher des crises financières (et pas seulement y réagir). Ainsi ce n’est pas au FMI qu’il faut donner mandat de contrôler le lien entre marchés financiers et économie réelle, mais aux Nations unies, qui devraient également établir le lien entre marchés financiers, pauvreté et développement durable. Une telle agence des Nations unies devrait soutenir une intervention internationale vigoureuse pour empêcher la constitution d’énormes excédents commerciaux ou excédents en liquidités dans certains pays à côté d’énormes déficits commerciaux ou déficits en liquidités dans d’autres (comme aujourd’hui entre la Chine et les États-Unis). Elle devrait également être le lieu où se débattent des décisions comme la limitation de la libre circulation des capitaux et le degré de libéralisation d’entreprises financières, de produits et de services financiers. Cela signifie que ces décisions ne se prendraient pas dans le cadre de l’OMC/AGCS comme c’est actuellement le cas.
Le contrôle national et la coopération internationale entre instances de contrôle et de régulation doivent être renforcés, particulièrement au niveau européen, démocratisés et élargis à la mission de servir les besoins sociétaux. Il faut assurer la participation des syndicats, des consommateurs et d’autres parties prenantes dans cette régulation. Les agences de notation doivent être des entreprises publiques indépendantes qui examinent l’impact sur la société (en évitant par exemple que des produits financiers ou des prêts ne détruisent l’environnement).
Dans le contexte de la crise actuelle, il faut une coopération internationale renforcée. Il faut imposer des limites au libre-échange et à la libre circulation des capitaux. Une approche plus complexe et différenciée doit venir se substituer au dogme de la libre circulation des capitaux et des biens comme clé de la prospérité. De nouveaux accords internationaux doivent définir d’autres objectifs – comme la stabilité financière, la justice fiscale, la justice sociale – plutôt que la libre circulation des capitaux et des biens. Les droits sociaux et les conquêtes historiques des travailleurs ne doivent pas être mis en péril par ces accords, qui doivent au contraire favoriser la solidarité internationale et non la concurrence.
C. Briser la domination des marchés financiers
Pour réaliser un véritable changement, il faut commencer par briser la domination des marchés financiers sur l’économie réelle. Voici quelques instruments qui peuvent y contribuer :
- Il faut introduire une taxe sur toute forme de transfert financier, y compris les transactions sur les devises, afin de réduire la spéculation, de ralentir la vitesse des marchés et de réduire la tendance à penser à court terme, tout en stimulant un commerce, une production et une consommation équitables et soutenables. Cela comprend une taxe multilatérale sur toutes les transactions sur les monnaies pour décourager la spéculation à court terme. Les autorités nationales devraient imposer unilatéralement une taxe appropriée sur les transactions boursières pour arrêter la spéculation.
-Il faut interdire la création de géants financiers qui ne peuvent plus gérer les risques potentiels et sont trop grands et trop ramifiés pour être mis en faillite.
- Il faut introduire une imposition progressive des revenus du capital. Un facteur important qui contribue au gonflement des marchés financiers est la concentration de la richesse. Pour ralentir et stabiliser les marchés financiers, il convient donc de redistribuer revenus et richesse, de réduire les incitations à la recherche de bénéfices excessifs et les mécanismes d’évasion fiscale utilisés par les riches et par le secteur financier.
- Avant de penser en terme de redistribution, la politique économique doit assurer une distribution équitable des revenus : le supplément de richesse qui va aux travailleurs (salaires, temps de travail, protection sociale, besoins sociaux, etc.) ne doit jamais être inférieur aux gains de productivité. De plus, le travail doit être réparti équitablement.
- La privatisation des systèmes sociaux et d’infrastructures essentielles comme l’énergie et les chemins de fer doit être arrêtée et il faut déprivatiser ce qui l’a déjà été.
D. Réduire les effets de la crise sur l’économie réelle et le « principe du pays spéculateur »
Maintenant que la crise touche la société et l’économie réelle, il nous faut des programmes d’urgence pour en diminuer les conséquences sur la société et l’économie réelle.
Vu la profondeur de la crise, des opérations de renflouement sont peut-être inévitables si l’on veut éviter l’effondrement total du système financier. Cependant, ces opérations doivent être menées avec des conditions très strictes, sans aucun risque de dérapage moral. Si elles ont lieu en dehors de toute nationalisation, il faut que leur coût (principal et intérêts) soit remboursé par les actionnaires. Si ce n’est pas possible, l’État acquiert des parts ou nationalise complètement l’entreprise.
Les coûts globaux des injections de liquidités, renflouages et mesures de sauvegarde doivent être supportés par ceux qui sont responsables de la crise et ont amassé des fortunes. C’est pourquoi il faut créer un fonds spécial de crise dans tous les pays. Il sera alimenté par une imposition exceptionnelle sur tous les revenus mobiliers dépassant 50 000 euros et un impôt supplémentaire de 1% sur tous les bénéfices d’entreprises financières.
Une partie de ce fonds doit être utilisée pour aider les pays pauvres qui subissent le contrecoup de la crise et sont touchés par la crise alimentaire et celle des prix des matières premières.
De plus, des investissements publics considérables doivent être consentis pour des infrastructures sociales, l’enseignement, la culture et l’environnement car ces secteurs ont souffert d’un sous-investissement chronique, sont porteurs d’emplois et favorables au développement durable.
E. Réformer l’UE, contrôler la Banque centrale européenne (BCE)
Il nous faut prêter une attention particulière à l’UE. Les aspects financiers des traités, dont celui de Lisbonne, sont déterminés par le dogme néolibéral. Il faut modifier l’article 63 du TFUE (ancien art. 56 du TCE) qui interdit toute restriction à la circulation des capitaux, pas seulement à l’intérieur de l‘UE mais aussi avec des pays tiers, créant les conditions idéales pour une emprise de la finance sur la société. Il y a de bonnes raisons pour limiter les mouvements de capitaux : garantir la stabilité financière ; éviter la concurrence et l’évasion fiscales ; déployer une politique monétaire favorable à l’emploi sans risquer de faire fuir les capitaux. Nous demandons aussi que soit limitée la liberté d’établissement (art. 49), qui laisse tout loisir au capital d’aller se fixer là où les conditions sont les plus favorables et permet aux institutions financières de chercher refuge à la City ou n’importe où ailleurs.
Il faut revoir de fond en comble la façon dont sont prises les décisions en matière de contrôle et de réglementations financières au niveau européen et dans les États membres. Un système commun de contrôle et de réglementation doit être mis en place, qui respectera des critères éthiques irréprochables au lieu de se laisser entraîner dans une logique de nivellement vers le bas. Les décideurs ne doivent plus se laisser obnubiler par la croissance et la compétitivité.
Les parlements doivent s’assurer régulièrement que les marchés financiers et le secteur financier dans son ensemble sont correctement régulés. Le ¨Parlement européen doit avoir le droit d’introduire de nouvelles réglementations. Les réglementations de l’UE doivent définir tous les critères de l’activité financière (prêts, couverture de risques, investissement, émission de titres, etc.) en sorte que des services et moyens financiers ne soient fournis qu’à des activités durables et à la lutte contre la pauvreté.
De plus, il faut changer la politique monétaire de la BCE. Cette banque est l’épicentre du néolibéralisme en Europe. Elle repose sur l’idéologie monétariste, recherchant la stabilité des prix au détriment de l’emploi, de la justice sociale et de la stabilité économique. Elle est indépendante et pas du tout soumise à un quelconque contrôle démocratique. Nous exigeons un contrôle démocratique sur cette institution dont les politiques ont une influence directe sur la vie des citoyens. Nous désapprouvons le souci obsessionnel de la BCE de maintenir la hausse des prix à la consommation en dessous de 2 %, politique typiquement néolibérale. Nous voulons qu’au contraire elle favorise l’emploi et une répartition juste. Même le rapport annuel de la Banque des règlements internationaux (BRI, juin 2008) est d’avis que les banques centrales ne devraient pas seulement se préoccuper du taux de l’inflation, mais s’inquiéter aussi de l’impact des taux d’intérêt soit sur l’emploi, soit sur « une croissance du crédit excessive et imprudente », la création de bulles spéculatives et un productivisme excessif.
L’augmentation des taux d’intérêt par la BCE en réaction à la flambée du prix du pétrole est tout à fait dans la ligne du dogme néolibéral. Alors que l’augmentation relative de certains prix, comme dans le cas du pétrole, ne doit pas être confondue avec l’inflation (où tous les prix augmentent), la BCE menaçait du spectre de l’inflation. Mais dans la conjoncture actuelle, ce n’est pas l’inflation qui est le problème principal, mais la récession et le chômage. La politique de la BCE accélère et approfondit la crise à laquelle l’UE est confrontée.
Le contrôle et la transparence de l’action des groupes de pression dans le secteur financier et auprès des grandes entreprises entraîneront une amélioration du mode de prise de décision économique, financière et monétaire, qui sera plus soucieux de la société.
F. Réformes dans les parties centrales du système
À la lumière de la crise actuelle, des points nodaux du système financier réclament une attention particulière.
a. Exigences en capitaux et pratiques prudentielles dans le secteur bancairer
Il faut renforcer les exigences de fonds propres des banques. À cet égard, l’accord de Bâle II (2005) va dans la mauvaise direction. Il nous faut donc un Bâle III qui tire les conséquences de la crise. Les opérations hors bilan qui sont au cœur de la crise actuelle doivent être interdites.
Les procédures de titrisation doivent être limitées à des institutions sous contrôle gouvernemental strict, comme c’était le cas naguère aux États-Unis. Il faut évidemment interdire des titrisations de dettes (titres adossés à des créances obligataires), dont le but est de revendre des prêts risqués.
Les produits financiers spéculatifs devraient être interdits, surtout dans l’alimentaire et là où ils ont un effet déstabilisateur. Un strict minimum : plus l’entreprise financière est importante, moins elle pourra vendre ou échanger des produits spéculatifs.
L’impact sur la société et la stabilité financière de tout nouveau produit financier doit être évalué avant autorisation.
Les banques d’investissement doivent être réduites à un volume qui ne constitue plus un risque systémique. Ce qui reste du secteur doit être strictement contrôlé et séparé des autres services financiers. Tout le secteur bancaire de l’investissement doit obéir à des normes favorables au développement durable des sociétés, par exemple en prenant des actions dans des entreprises qui produisent des produits écologiques.
Tous les holdings bancaires, qui regroupent banques d’investissement et au détail, assurance et échange de titres, doivent être restructurés ou divisés et le contrôle doit être parfaitement adapté aux structures restantes.
Le système des primes élevées devrait être interdit car il incite à la prise de risques jusque dans les plus hauts échelons de la hiérarchie, sans véritable sanction lorsque l’entreprise, c’est-à-dire finalement ses clients subissent de lourdes pertes.
b. Renforcement d’un secteur bancaire public coopératif
Après la Seconde Guerre mondiale, en Europe, le secteur bancaire public à ancrage local et ne cherchant pas le profit a fait du bon travail. En revanche, ces deux dernières décennies, les banques, qui ont fusionné en énormes entités financières, se sont transformées en banques commerciales à la recherche du profit maximum, suivant le modèle du système financier anglo-saxon. Il faut inverser cette tendance ; il faut renforcer les banques publiques qui ne cherchent pas le profit et les soustraire à l’obligation de concurrence. Des banques importantes devraient être publiques pour assurer des finances stables permettant un développement durable et équitable.
Les banques re-nationalisées ou celles où l’État a pris des parts doivent être restructurées au service des besoins de la société, y compris des prêts abordables pour des entreprises et projets soutenables, l’accès universel aux services financiers, etc.
c. Contrôle public sur les agences de notation
Les agences de notation – dont l’échec est retentissant dans la crise actuelle comme en fait dans presque toutes les crises des décennies passées – doivent passer sous contrôle public. Ainsi du moins ne seraient-elles plus payées par les entreprises qu’elles ont mission d’évaluer, mais par un fonds commun alimenté par ceux qui utilisent ces agences et ceux qui émettent des produits financiers. Elles ne devraient pas envisager uniquement l’aspect financier, mais aussi les risques sociaux et environnementaux.
ALes systèmes comptables n’ont pas pu mettre en lumière les faiblesses du système de contrôle de risques dans le secteur financier. Ils ont permis des activités hors bilan sur le marché des hypothèques à risques, pour des produits dérivés et autres actifs. Il faut que l’établissement des règles comptables soit à nouveau de la compétence des gouvernements, si possible de façon coordonnée.
d. Régulation des fonds d’investissement, spécialement des hedge funds et des private equity funds
Qui a besoin de ces fonds de placement aux politiques tortueuses ? Qu’apportent-ils à l’économie ? Quand les Allemands ont réclamé davantage de transparence dans la gestion des hedge funds lors du sommet du G8 de 2007, il leur a été répondu que ces fonds remplissent une fonction bien utile, car ils prennent des risques que d’autres ne sont pas prêts à supporter. En fait, ce sont les risques d’une spéculation à la recherche de profit maximum. Ces opérations n’apportent rien à l’économie, au contraire elles déstabilisent le système. A cause des pratiques de rachat par endettement, le risque est transféré aux banques. De telles opérations ne devraient donc tout simplement pas exister. Dire que les hedge funds sont un instrument de prévention des risques, c’est comme demander à un pyromane d’empêcher les incendies. Il faut qu’une instance de contrôle empêche les banques de faire affaire avec les hedge funds. Personne n’en a besoin, sinon une poignée de riches et des investisseurs institutionnels qui cherchent un profit maximum par une prise de risque élevée.
À quelques exceptions près, les private equity funds eux aussi se sont révélés être un risque pour la stabilité et ont servi de courroie de transmission entre le capitalisme d’actionnariat et l’économie réelle. Il faut mettre un terme à ce modèle non soutenable. Cette façon de procéder, et tout d’abord le rachat par endettement, doit être limitée à un niveau soutenable.
L’UE doit émettre une directive sur la régulation de tous les fonds de placement : ils doivent rendre publiques leurs stratégies d’investissement et les revenus des gestionnaires. Certaines stratégies d’investissement seront interdites, l’emprunt de crédit (rachat par endettement) doit être limité. Les bénéfices engrangés par ces fonds doivent être imposés autant que les revenus du travail. Des fonds dont le siège social n’est pas dans l’UE (mais par exemple dans des centres offshore) ou qui ne satisfont pas les normes de l’UE doivent être interdits sur le marché européen.
e. Des limites strictes sur les produits dérivés
Les produits financiers dérivés ne doivent être l’objet de transaction qu’en Bourse, sous la supervision d’un organisme responsable, tout comme les produits pharmaceutiques. Il faut interdire les échanges hors marché (over the counter).
f. Centres offshore
Qui a besoin de centres offshore et de paradis fiscaux ? Seulement les riches et des investisseurs institutionnels qui veulent cacher leurs actifs au fisc, la mafia, les terroristes, des marchands d’armes et autres groupes criminels qui veulent blanchir leur argent. Il n’y a pas d’argument économique qui tienne pour préserver le statut de ces territoires.
Tant qu’il n’est pas possible de les neutraliser complètement, parce que quelques pays riches prétendent rester des centres offshore et protéger les autres, il faut au moins mettre en place une série de mesures unilatérales, allant de la levée du secret bancaire à des taxes importantes sur les transactions passées avec ces centres, en passant par l’obligation pour les banques d’y fermer leurs agences.
Il faut étendre la directive sur l’épargne à tous les revenus financiers (jusqu’à présent elle concerne uniquement les intérêts encaissés), à des personnes morales (jusqu’à présent elle ne concerne que des personnes physiques) et exiger que les trois pays de l’UE qui ne communiquent pas automatiquement les informations sur les revenus de ressortissants étrangers (l’Autriche, la Belgique et le Luxembourg) le fassent au plus tôt. Ces mesures sont une condition pour exercer une pression crédible sur d’autres paradis fiscaux comme la Suisse ou le Liechtenstein afin qu’ils renoncent au secret bancaire et qu’ils participent à un système d’échange de données.
g. Mesures contre des politiques actionnariales à court terme
John Maynard Keynes recommandait de “marier les investisseurs à leurs actifs” afin d’encourager les investissements à long terme et d’empêcher la spéculation à court terme. Le pouvoir que détiennent des actionnaires orientés vers le court terme pourrait être limité en décidant que le droit de vote est lié à une période de détention des actions minimum (par exemple 5 ou 10 ans) et en interdisant les stock-options (qui incitent les gestionnaires à ne se préoccuper que du cours de l’action). La rétribution des gestionnaires doit être plafonnée et liée à un indice de bien-être général. De plus, les syndicats, les consommateurs et d’autres groupes concernés doivent avoir un droit de regard sur les décisions des entreprises.
h. Contrôle de l’endettement des ménages
Il faut fixer des limites à l’endettement, d’abord pour les ménages, en imposant, dans chaque pays, une proportion maximale des remboursements et intérêts par rapport au revenu. Le logement de couches de la population défavorisées doit faire partie des programmes sociaux des gouvernements, au lieu de constituer une proie facile pour les requins de la finance. Nous soutenons résolument les propositions visant à mettre en place un système de faillite permettant à des propriétaires surendettés de devenir locataires. Cependant, l’accès à la propriété d’une maison individuelle ne doit pas être un objectif principal dans les programmes sociaux. Nous demandons de véritables projets de logements sociaux qui favorisent la diversité sociale et soient respectueux de critères écologiques.
Attac Allemagne, Attac Autriche, Attac Belgique, Attac Hongrie, Attac Espagne, Attac Finlande, Attac France , Attac Grèce, Attac Italie, Attac Maroc, Attac Norvege, Attac Pays-Bas, Attac Pologne, Attac Suède, Attac Suisse, Attac Togo
Episode spécial pour le lancement du site zapstory.com. Quatre minutes de tasers, de partouzes, de glands, de meurtriers… Bref, un épisode dans lequel il fait bon vivre !
Episode spécial pour le lancement du site zapstory.com. Version longue avec des taser, des partouzes, des glands et des meurtriers…

Après un essai raté il y a 2 ans, Myst Online revient avec Myst Online: Uru Live en version gratuite ! MO:UL de son petit nom est donc un MMOG (massive multiplayer online game) qui reprend le vaste monde des épisodes de Myst, avec ses grands concepts de jeu (reflexion, énigme, promenade
) mais en multi joueur. Vous pouvez donc partir en quête seul ou papoter avec vos amis toute la journée grâce à votre avatar. Le chat écrit ou audio est de rigueur et vous pourrez plancher à plusieurs sur les énigmes en vous échangeant des images ou des indices.





C’est beau non ?
Actuellement, les serveurs sont surchargés (logique) mais tentez votre chance sur le site MO:UL en vous inscrivant avant de télécharger l’éxecutable (uniquement pour Windows).
Amusez vous bien !
[source]
Que va-t-il se passer en 2010 dans le monde de l’open source et du logiciel libre ?
Seul Nostradamux le sait.
Mais le journaliste Bruce Byfield s’est tout de même risqué au jeu des prédictions dans un article que nous avons traduit avec un petit mois de retard (ouf, il était temps !).
Tout comme nous, vous ne serez pas forcément d’accord sur tout. Il va alors sans dire que les commentaires sont là pour accueillir vos critiques et vos propres plans sur la comète[1].
L’open source en 2010 : Neuf prédictions
Open Source in 2010: Nine Predictions
Bruce Byfield - 30 décembre 2009 - Datamation
(Traduction Framalang : Cheval boiteux, Martin et Olivier)
Même si c’est la fin de la décennie seulement pour ceux qui ne savent pas compter, les rétrospectives semblent plus à la mode que les prédictions en ces derniers jours de 2009. Peut-être aussi qu’après une année de récession, les experts de l’avenir deviennent plus prudents.
Mais, n’étant pas de ceux qui suivent les tendances et n’étant pas du genre nostalgique, je préfère tourner mon regard vers le futur, pour envisager ce qu’il pourrait réserver aux logiciels open source. Tout bouge dix fois plus vite dans l’open source que dans l’informatique grand public, et 2010 risque bien de ne pas déroger à la règle.
Je pense que nous pouvons considérer comme acquis que l’open source va continuer à gagner en popularité. 2010 ne sera pas cette légendaire « Année où Linux se démocratise », mais nous devrions continuer à observer la même lente et constante progression de son adoption que dans la dernière décennie.
Mais quoi d’autre ? Permettez-moi de prouver ma témérité en faisant neuf prédictions sur ce que 2010 nous réserve sur le plan des communautés, de la technologie et de l’économie de l’open source.
1. L’arrivée des pilotes vidéos totalement libres
Les utilisateurs ont dû attendre longtemps pour avoir des pilotes vidéo open source aussi performant que leurs pendants propriétaires. Mais d’ici à la fin de l’année prochaine cela pourrait bien se concrétiser. Les pilotes Intel sont déjà stables, et utilisés sur plus de 25% des ordinateurs open source.
Quant aux autres cartes graphiques, le noyau 2.6.33 de Linux devrait apporter une meilleure gestion des cartes ATI et NVIDIA. Attendez-vous donc à de gros progrès d’ici à la fin de l’année. Et dans le pire des cas, si des fonctions manquent encore, elles devraient être au point pour la mi-2011[2].
2. La communauté crééra un fork de MySQL
Quand Oracle a racheté Sun Microsystems en avril 2009, ils ont également acquis MySQL, la base de données la plus populaire d’Internet. Huit mois plus tard, le sort réservé par Oracle à MySQL est toujours incertain et les gens s’inquiètent.
Richard Stallman a demandé publiquement à Oracle de rendre MySQL à la communauté, alors que Monty Widenius, le créateur de MySQL, a initié une campagne de rédaction de lettres à la Commission européenne pour éviter le démembrement de la base de données par Oracle.
Étant donné qu’il semble n’y avoir aucune logique juridique pour aider ces campagnes, je pense qu’ils vont échouer. S’ils y arrivent, la méfiance envers Oracle aura certainement raison de l’intégration de MySQL dans les distributions open source.
Il y a de grandes chances que la communauté privilégie des forks existants de MySQL, probablement MariaDB de Widenius, qui est déjà intégrée au Launchpad d’Ubuntu. PostgreSQL, l’autre grande base de données open source, ne devrait pas tant en profiter car elle semble moins adaptée aux besoins des sites Web.
3. La sortie de Gnome 3.0 risque de déclencher une révolte chez les utilisateurs
Il y a deux ans, un vent de révolte accompagna la sortie de KDE 4.0, car cette nouvelle version instaurait une rupture avec les précédentes (des fonctions clés n’y étaient pas encore intégrées). GNOME 3.0, provisoirement prévu pour septembre 2010, ne devrait pas souffrir du même manque de fonctionnalités, mais les premières versions suggèrent un style nouveau, comme KDE 4.0 (et les premières réactions montrent que les utilisateurs y seront aussi hostiles).
L’avantage de GNOME est que ses développeurs peuvent bénéficier de l’expérience de KDE. Aucune hostilité n’est permanente, surtout si la prochaine version a une feuille de route claire.
Tout de même, les plaintes peuvent être spécialement fortes ou longues, qui sait ? Peut-être que les critiques envers GNOME attireront plus d’utilisateurs vers KDE ou vers des environnements graphiques moins connus comme Xfce.
4. La différence entre Logiciel Libre et Open Source va se creuser davantage
De l’extérieur, open source et logiciel libre sont des noms différents désignant le même phénomène. Cependant pour beaucoup de membres de communautés c’est comme dire que le Protestantisme n’est pas différent du Catholisisme. Malgré bon nombre de similarités l’open source est un mouvement de développeurs qui vise à perfectionner la qualité du code source, alors que le mouvement du logiciel libre se concentre sur les libertés accordées à l’utilisateur[3].
Dans la pratique, les deux philosophies coexistent (souvent à l’intérieur d’un même projet). Cependant, de temps à autre, ces membres rentrent en conflit. Le dernier conflit majeur était il y a deux ou trois ans à propos de la version 3.0 de la licence GNU GPL (GNU General Public License), qui donnait plus d’importance au logiciel libre que la version 2.0.
Le problème suivant qui provoquera un conflit reste incertaine. Cependant, les personnes soutenant le logiciel libre n’ont jamais été timides sur le fait d’exprimer leurs opinions, et les adhérents de l’open source sont devenus de plus en plus méprisants envers le logiciel libre en général et leur fondateur Richard Stallman en particulier. Dans la même veine, la rhétorique est devenue si méprisante que le conflit semble n’être qu’une question de temps.
Il y a deux ou trois semaines, le problème le plus probable apparaissait être le possible retrait de GNOME du projet orienté logiciel libre GNU, un changement qui ne signifierait presque rien dans la pratique, mais qui serait probablement perçu comme une preuve que GNOME est désormais clairement dans le camp de l’open source. Le problème, cependant, est plus complexe que la contestation du conflit lui-même.
5. L’open source sera encore confronté au sexisme
2009 nous a montré une série d’évènement dans lesquels des gens comme Richard Stallman[4] et Mark Shuttleworth ont été accusés de sexisme à cause de remarques faites en public.
Et avec l’observation que les femmes sont sous-représentées dans l’open source, 2009 a été l’année où la communauté a semblé découvrir cette problématique[5].
6. Google Chrome OS inaugurera les OS dans les nuages
Chrome OS, le système d’exploitation dans les nuages de Google, devrait sortir dans la deuxième moitié de 2010. Étant donné ce que l’on dit toujours sur l’état des version bêta des produits de Google, personne ne sera surpris que version finale soit retardée. Mais 2010 montrera, au moins, une version bêta avancée ou une release candidate. Malgré l’existence de Jolicloud, la majorité des utilisateurs verra Chrome OS comme le premier système d’exploitation dans les nuages.
Chrome OS devrait être téléchargé des millions de fois dans le premier mois de sa sortie, du fait de sa nouveauté. De plus, Google est en train de travailler avec les fabricants de matériel pour être sûr que Chrome OS sera supporté. Malgré tout, une grande partie des utilisateurs resteront sceptiques à l’égard de Chrome OS. Beaucoup d’entre-eux ont déjà de sérieux doutes sur les systèmes d’exploitations dans les nuages, et jusqu’à présent ils y sont moins à l’aise que sur les systèmes d’exploitations traditionnels, desquels ils sont censés être ainsi délivrés.
Je pense et j’espère que Chrome OS ne sera rien de plus qu’un produit de niche. De toutes les façons, on aura quand même le verdict sur la validité du concept avant la fin de 2010.
7. Mozilla Firefox et Google Chrome se disputeront la première place
Même si je ne me trompe pas en affirmant que Chrome OS ne suscitera que peu d’engouement, ce qu’il restera après sa disparition c’est bien le navigateur Chrome. Sa vitesse et son aspect multitâches sont des défis que devra relever Mozilla Firefox avec habileté pour lui faire face, d’autant plus que Chrome pourrait signifier une interruption du soutien de Google dans le développement de Mozilla.
Pour le moment, le plus grand avantage de Firefox réside dans ses milliers d’extensions. Bien que les premières extensions pour Chrome soient d’ores et déjà disponibles, elles ne battront pas celles de Mozilla en nombre ou en polyvalence avant quelques années (et ceci seulement s’il se forme une large communauté).
Cette situation veut dire que Chrome n’est pas plus prêt à dépasser Mozilla que Mozilla est prêt à dépasser Internet Explorer dans les prévisions futures. Cependant, en 2010, Chrome peut ronger la base des utilisateurs de Firefox sur le même principe que Firefox le fait avec ceux d’Internet Explorer.
8. Raindrop et Wave ne vont pas réussir à trouver des utilisateurs
Par coïncidence, deux des nouvelles applications que nous trouvons prometteuses pour 2010 sont Mozilla Raindrop, un outil de réseau social et de messagerie électronique one-stop[6], et Google Wave, un outil collaboratif.
Les deux sont intéressants pour les développeurs et les ergonomes. Cependant, à l’heure où j’écris ces lignes, Raindrop n’est pas encore sorti, et Wave est seulement accessible sur invitations. Je serais surpris que l’un ou l’autre devienne un grand succès. Il s’agit en effet de résoudre des problèmes que les utilisateurs ne voient pas comme tels. Je n’ai simplement pas l’impression que les utilisateurs souhaitent centraliser leur messagerie, ou soient particulièrement intéresses par une collaboration en temps-réel.
Même si les utilisateurs se montrent motivés, Raindrop et Wave sont tous les deux en l’état trop compliqués et spécialisés en l’état pour qu’ils soient réellement adoptés. Un réajustement est nécessaire. Les critiques seront probablement enthousiastes, parce qu’ils font partie des utilisateurs expérimentés. Et les autres utilisateurs ? Pas tellement.
9. Le Nexus One ne sera qu’un jouet pour les geeks
Dans le courant du mois de janvier, le Nexus One de Google va être disponible[7]. Le Nexus One a fait un gros (bien que pas totalement favorable) buzz à l’intérieur de la communauté des techniciens, mais on peut se demander se faire une place.
D’après des rapports, le Nexus One n’inclura pas de fonctionnalités qui aurait pu lui attirer les faveurs du grand public. En plus, il va entrer sur le marché des téléphones mobiles déjà saturé, et Google ne possède pas la réputation d’Apple. Sans compter qu’il sera d’autant moins aidé que, au début, il ne sera pas vendu par les opérateurs de téléphonie mobile, et ne sera pas non plus dans les boutiques. En ces circonstances, je pense que il se vendra principalement aux développeurs, et qu’il peinera à élargir ce cercle[8].
Avec un peu de recul
Cette liste a été établie en toute indépendance. Pourtant, en la relisant, je réalise que quatre des neuf prédictions impliquent Google. Cette observation suggère une meta-prédiction : 2010 sera une année cruciale pour Google. Son évolution de développeur en acteur majeur aussi bien dans le logiciel que dans le matériel se joue cette année.
Connaissant l’histoire de Google, le succès de cette entreprise me laisse pessimiste. Et pourtant, Google lance tellement d’innovations que tôt ou tard, elle est susceptible de sortir quelque chose d’incroyable, la démonstration du paradoxe du singe savant peut-être tout simplement[9].
Pour ce qui est de mes autres prédictions, même si je m’attends à des changements dans la communauté open source, je ne me prépare pas à l’Apocalypse. La communauté est vaste, les changements sont inéluctables, mais en même temps, cela n’aura pas forcément beaucoup d’impact sur les milliers de personnes qui envoient des correctifs quotidiennement. Sur le coup, les sentiments sont exacerbés, mais en fin de compte, la communauté poursuivra tranquillement sa route, même si de temps en temps le cours des choses sera perturbé par un événement imprévisible.
Et si jamais je me trompe ? Alors j’en appelle aux privilèges des voyantes et demanderait qu’il ne me soit pas tenu rigueur de mon manque de précision ou de mon incapacité à prévoir le futur et je me réserve le droit de retenter ma chance l’an prochain, sans que personne ne me rappelle à mes erreurs passées.
Notes
[1] Crédit photo : Sergis Blog (Creative Commons By)
[2] NDLR : À propos de vidéo, Byfield a rédigé son article avant la nouvelle guerre des formats du Web.
[3] NDLR : Pour mieux comprendre la nuance, il y a un livre intéressant sur le sujet :-)
[4] NDLR : Byfield a consacré un article entier à ce sujet : Richard Stallman, Leadership, and Sexism.
[5] NDLR : Voir aussi ces deux articles du Framablog : Les femmes et le logiciel libre et Le code issu de Venus est-il meilleur que celui de Mars ?
[6] NDLR : Voir aussi l’article de Tristan Nitot : Thunderbird et Raindrop.
[7] Le Nexus One est déjà disponible, puisque nous publions cette traduction avec un mois de retard. On remarquera qu’il a les faveurs de Linus Torvalds
[8] NDLR : Le Nexus One ne sera peut-être pas un succès, mais il semblerait bien par contre qu’Android devienne lui un sérieux concurrent open source à Apple.
[9] NDLR : Le paradoxe du singe savant stipule qu’avec suffisamment de temps, un chimpanzé qui tape au hasard sur le clavier d’une machine à écrire pourra presque sûrement produire une copie intégrale d’une pièce de théâtre de Shakespeare.
La Suite Logique hackerspace invites hackers from all around the world to
participate to the first edition of Les Contorsions Technologiques that will
run from April 30 to May 2 at la Suite, alternative cultural space in the
middle of Paris, France.
What are Les Contorsions Technologiques ? It’s a mix of workshops, exhibitions,
demonstrations and performance, in a setting favorable to discovery,
experimentation and exchange. It’s an invitation to grab the tools and take the
initiative back, to shatter norms and reshape our universe. It’s the
celebration of all the creative, funny or spectacular uses of technology, and
knowledge sharing.
Help us to spread the word by diffusing this Call for Proposals!
–[ Call for Proposals ]—-
Les Contorsions Technologiques revolve around three big ideas:
- exhibiting tangible technology applications, as they are easier to feel;
- guiding people on their meeting with technology;
- inspire people into following our footsteps and play with technology.
We decided to not have lectures, and to ignore computer-only subjects. But do
not worry, there is still a wealth of topics. If you are unsure about this,
here is a list of possible topics:
* Electronics Basics
- all arduino things
- blinky boards
- squeaky circuits
- robotic runts
- radio transmissions
* Day to day
- TV-B-gone and friends
- RFID jewelry
- RFID killers
- makerbots and RepRap
- DIY domestic appliances
- DIY biotechs
- DIY clothing
* Art and games
- brainmachine
- demomaking
- 8-bit music
- puredata and supercollider
- object tracking
- physical peripherals
- circuit bending
* Urban hacking
- LED throwies
- laser tag
- building fronts as giants screen, one pixel per window
* Science
- Tesla coils
- quadrocopters
- autonomous drones
And, of course, everything we might have forgotten …
Finally, we have the pleasure to offer you a quite uncommun exhibition medium,
the front of a 7 story building. Be megalomaniac, we have the resources for!
(more information on this very soon)
–[ Submissions ]—-
Send your submissions at cfp@contorsions-technologiques.org before March 21,
23:59 GMT. Acceptance notifications will be sent around March 26 and the
schedule will be published around April 5.
Your submissions shall be a Plain Text, PDF, OpenDocument or RTF file, and
shall contain the following informations:
- type
- summary (1000 characters max)
- lang (fr/en)
- logistics need (tables, chairs, power, light, sound)
- contact information (at least an e-mail address)
- if applicable, a link to pictures or videos
Here are the submission types we accept:
- workshop: one or two people help to realize a small project (30 to 90 min of
work, no big hardware. Soldering iron is OK, drill press is not)
- exhibition: present your realizations and do interactive demonstrations
- demo/performance: be the star during 10 to 30 minutes. e.g.: tesla coil,
quadrocopter flight
- concert: between 30mn and 2h
Don’t forget: everything is possible, as long as you drop us some lines to talk
about it.
–[ Practical Informations ]—-
Les Contorsions Technologiques are organised without budget by volunteers on
their free time. Therefore, we cannot help with travels or accomodation
expenses, but we might be able to organise makeshift accomodation for
participants. Please contact us for more details.
Check out our web site for the last updates and other stuff:
http://www.contorsions-technologiques.org/
This call for proposals is available here :
http://www.contorsions-technologiques.org/cfp.html
Subscribe to the annonces mailing-list to be warned of the last updates:
http://www.contorsions-technologiques.org/cgi-bin/mailman/listinfo/annonces
Meet us on IRC :
irc://chat.freenode.net/#lasuitelogique
Send us an e-mail:
contact@contorsions-technologiques.org
-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-
La Suite Logique invite les bidouilleurs du monde entier à participer à la
première édition des Contorsions technologiques qui se déroulera du 30 avril au
2 mai à la Suite, lieu culturel alternatif situé au coeur de Paris, France.
Les Contorsions Technologiques, c’est un mélange d’ateliers, d’expositions, de
démonstrations et de performances, dans une atmosphère propice à la découverte,
l’expérimentation et l’échange. C’est une invitation à prendre les outils et
reprendre l’initiative, à briser les normes et remodeler notre univers. C’est
la célébration de toutes les utilisations créatives, amusantes et
spectaculaires de la technologie, et du partage de la connaissance.
Aidez-nous à répandre la nouvelle en faisant tourner cet Appel à Proposition !
–[ Appel à Propositions ]—-
Voici les trois axes qui gouvernent les Contorsions Technologiques :
- matérialiser la technologie pour mieux la faire ressentir ;
- guider le public dans sa rencontre avec la technologie ;
- donner au public l’envie de se lancer sur nos traces et de jouer avec la
technologie.
Nous avons volontairement décidé de ne pas faire de conférences, et d’ignorer
les sujets purement informatiques. Mais n’ayez crainte, il reste amplement de
quoi faire. Si vous en doutez, voici une liste de sujets possibles :
* Électronique basique
- arduino et compagnie
- loupiottes qui clignotent
- circuits qui couinent
- robots riquiqui
- transmissions radio
* Quotidien
- TV B gone et consors
- joaillerie RFID
- tueurs de RFID
- makerbots et ReprRp
- électroménager DIY
- biotechnologies DIY
- vêtements DIY
* Art et jeux
- brainmachine
- demomaking
- 8-bit music
- puredata et supercollider
- object tracking
- périphériques physiques
- circuit bending
* Espace urbain
- LED throwies
- laser tag
- écrans géants en facade, un pixel par fenêtre
* Science
- bobines de Tesla
- quadrocopters
- drones autonomes
et bien sûr, tout ce que nous aurions pu oublier…
Enfin, nous avons le plaisir de vous offrir un terrain d’exposition peu commun,
la facade d’un immeuble de sept étages. Voyez grand, nous en avons les moyens
(plus d’informations très prochainement).
–[ Modalités de soumission ]—-
Envoyez vos soumissions à cfp@contorsions-technologiques.org avant le 21 mars,
23h59 GMT. Les notifications d’acceptation seront envoyées vers le 26 mars et
le programme final sera publié autour du 5 avril.
Vos soumissions doivent être dans un des formats Plain Text, PDF, OpenDocument
ou RTF, et doivent contenir les informations suivantes :
- type
- résumé (1000 caracteres max)
- langue (fr/en)
- besoins logistiques (tables, chaises, électricité, lumière, son)
- informations de contact (au moins e-mail)
- éventuellement, un lien vers des photos/vidéos.
Voici les types de soumission acceptés :
- ateliers : un ou deux instructeurs aident le public à réaliser un petit
montage qui prend de 30 à 90 minutes, ne demandant pas de matériel lourd (fer
à souder : OK ; perceuse a colonne : KO)
- exposition/installation : présentez vos réalisations au public et faites de
petites démonstrations interactives
- démonstration/performance : soyez le centre de l’attention pendant 10 à 30
minutes. e.g.: tesla coil, quadrocopters
- concert : entre 30mn et 3h de concert
N’oubliez pas : tout est possible, il suffit de nous laisser un e-mail pour en parler.
–[ Infos pratiques ]—-
Les Contorsions Technologiques sont organisées sans budget par des bénévoles sur
leur temps libre. Par conséquent, nous ne pouvons aider à financer les déplacements
ou l’hébergement, mais nous pouvons tâcher d’organiser un hébergement de fortune
pour les exposants. Contactez-nous pour plus de détails.
Surveillez notre Site Web pour les mises à jour et autres nouveautés :
http://www.contorsions-technologiques.org/
Cet appel à proposition est disponible içi :
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Depuis longtemps, les biologistes s'émerveillent du fonctionnement des insectes sociaux comme les fourmis ou les abeilles. Sûrement par...
L'enfer climatique est pavé de bonnes intentions et de forêts. De manière générale, les forêts absorbent, par photosynthèse, le CO2 et réduisent donc l'effet de serre. Il n'est donc pas étonnant de lutter...




