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Encore un reportage choc (et chic) du très très puissant JcFrog, nouvel adorateur du site qui nous ressemble.

Comme chaque année à la même époque, les recherches improbables ont été couronnées par les Ig Nobels, quelques jours avant que ne soient attribués les “vrais” Nobel, .
La dix-neuvième cérémonie des Ig Nobel a eu lieu à Harvard jeudi soir et a mis en lumière des recherches toujours plus improbables.
Voici le palmarès :
L’Ig Nobel de médecine vétérinaire a été attribué à Catherine Douglas et Peter Rowlinson de l’université de Newcastle. Ils ont montré que les vaches à qui on avait donné un nom produisaient plus de lait que leurs anonymes congénères.
Perceptions of the human-animal relationship on dairy farms and an association with milk production
L’Ig Nobel de la paix intéressera les buveurs de bière. Stephan Bolliger, Steffen Ross, Lars Oesterhelweg, Michael Thali et Beat Kneubuehl de l’université de Bern, en Suisse, se sont intéressés à l’impact d’une bouteille de bière sur un crâne. C’est contre-intuitif, mais il parait qu’une bouteille vide fait plus mal.
La crise économique a pesé sur le jury au moment de décerner l’Ig Nobel d’économie. Ce dernier va aux dirigeants de quatre banques islandaises qui ont, écrit l’académie des Ig Nobel, “démontré que les petites banques pouvaient être transformées en géantes, et vice versa. Et qu’une chose similaire pouvait être envisagée avec une économie nationale”. Les Islandais apprécieront.
L’Islande au bord du gouffre (Le Monde.fr)
Alcool encore, l’Ig Nobel de chimie est décerné à des scientifiques mexicains qui ont créé du diamant à partir de tequila (nous essayerons de revenir sur cette étude qui mériterait d’être approfondie).
Côté médecine, les Ig Nobel ont récompensé une étude sur la relation entre l’arthrite et le fait de se faire craquer les doigts. Donald L. Unger s’est intéressé au cas d’une personne qui a fait craquer pendant soixante ans ses os de la main droite, mais jamais ceux de la main gauche…
L’Ig Nobel de physique a été attribué à Katherine K. Whitcome et à ses collègues. Leur sujet d’étude ? Les femmes enceintes et les douleurs lombaires. Ou, comme le résume l’académie, “pourquoi les femmes enceintes ne basculent pas” ?
Fetal load and the evolution of lumbar lordosis in bipedal hominins
Du côté des lettres, l’Ig Nobel de littérature a été attribué à la police irlandaise. Cette dernière a verbalisé des dizaines de fois le citoyen automobiliste polonais Prawo Jazdy. A chaque fois, son permis indiquait une adresse différente. La police a éclairci le mystère. Prawo Jazdy signifie “permis de conduire” en polonais…
Le mystère du pire conducteur d’Irlande, un immigré polonais, résolu (AFP, via Google)
L’Ig Nobel de santé publique va réjouir les femmes. Il couronne les recherches de Elena N. Bodnar et de son équipe qui ont inventé un soutien-gorge qui peut se transformer en masque à gaz (photo ci-dessus), “en cas d’urgence”
Garment Device Convertible to One or More Facemasks (FreePatentOnline)
Crise économique encore, l’Ig Nobel de mathématiques couronne le gouverneur de la banque centrale du Zimbabwe et ses billets de 100 000 000 000 000 de dollar.
Le Zimbabwe lance un billet de cent mille milliards (AFP, via France 24)
L’Ig Nobel de biologie couronne des chercheurs japonais qui ont montré qu’un bactérie présente dans les excréments de panda permettait de réduire de 90 % la masse d’ordures de cuisine.
Vous pouvez retrouver sur le site de Improbable research le palmarès, tout aussi impressionnant des précédentes éditions.
Photo : Le Nobel de physique 2001 – le vrai – Wolfgang Ketterle portant le soutien-gorge - masque à gaz, aux côté du prix Nobel de littérature 2006, Orhan Pamuk (AP, via Improbable)
Cependant, alors que la version anglaise de Wikipedia vient juste d'atteindre les trois millions d'articles, cette liberté est sur le point d'être freinée.
C'est il y a trois semaines que les membres de la Wikimedia Foundation, l'association à but non-lucratif basée à San-Francisco qui gouverne Wikipedia, ont annoncé que cette version anglaise commencerait à imposer une « couche » de révision éditoriale sur les articles concernant les personnes vivantes.
Une protection en plus ?

Pourquoi ?
L'application de la mesure
La version allemande de Wikipédia est en fait une sorte de bac à sable géant pour la Wikimedia Foundation. On y développe et teste toutes les nouveautés qui paraîtront (peut-être) un jour sur les autres plates-formes.
Bien que Wikipedia ait empêché les utilisateurs anonymes de créer de nouveaux articles depuis plusieurs années sur la version anglaise, le nouveau « flagging-system » ajoute de nouvelles transformations. Cela divise les contributeurs de Wikipedia en deux classes plus ou moins distinctes : les « expérimentés » et les autres, ce qui altère la notion implicite de Wikipedia qui dit que tout le monde est égal dans le droit d'éditer une entrée de Wikipedia (tout du moins, sans se faire contrôler par quelqu'un pour que sa modification soit mise en ligne). Naturellement, quelqu'un de motivé et disposant d'un peu de temps peut très vite passer d'une classe à une autre.
Précédents

Par exemple, certaines pages populaires ou controversées, comme celles sur la chanteuse Britney Spears ou le président Obama, sont fréquemment « protégées » ou « semi-protégées », ce qui limite qui, sinon personne, peut éditer l'article. Le Flagging System ne fait que confirmer ce principe, voire l'officialise. Pour d'autres observateurs, le nouveau Flagging System reflète la nécessité pour Wikipédia d'accepter la responsabilité qui vient avec sa vaste influence. Joseph Reagle, un professeur en communication a la New York University a tout simplement déclaré, à ce propos : Wikipédia a maintenant la capacité d'altérer le monde qu'il tente de documenter.
En effet, dans le système actuel, il n'est pas difficile d'insérer de fausses informations, ne serait-ce que pour un tout petit temps. En mars dernier, par exemple, un étudiant irlandais a inséré une fausse citation attribuée au compositeur français Maurice Jarre peu après la mort de ce dernier. Elle a été rapidement incluse dans les notices nécrologiques du compositeur dans un certain nombre de journaux, y compris dans deux journaux anglais réputés pour leur sérieux, The Guardian et The Independant.
La « flagged-revision », disent les partisans, offrirait une nouvelle chance d'attraper ces canulars et d'augmenter la précision globale de Wikipédia. La Fondation tenterait, en mettant le système en application dans un premier temps sur les articles concernant les personnes vivantes, de protéger ces articles car ce sont ceux qui sont les plus sujets au vandalisme et parce que des informations malicieuses peuvent être dévastatrices pour les individus concernés.
Mr. Wales, l'un des créateurs de Wikipédia, a commencé à réfléchir à cette innovation après le canular sur deux sénateurs dont la mort avait été écrite sur Wikipédia alors que ceux-ci étaient toujours bien vivants. Mais les discussions sur un système de révision datent d'un des plus sombres épisodes de l'histoire de Wikipédia connu sous le nom de « Seigenthaler incident ». En 2005, l'auteur et journaliste John Seigenthaler découvre que sa biographie sur Wikipédia le connecte directement avec l'assassinat de John et Robert F. Kennedy, une chose particulièrement choquante pour lui vu qu'il est personnellement proche de la famille Kennedy.
C'est depuis ce grave accident que les Wikipédiens sont devenus particulièrement fanatiques de la citation des sources (parfois même jusqu'à l'hystérie), avec une armée d'éditeurs qui rajoute les fameux « [ref. nécessaire] » à chaque phrase sans notes de fin de page indiquant la provenance de l'information.
Avant de débattre un peu plus bas, Jimmy Wales précise bien que c'est un test. Personne ne sait le temps que va prendre la validation (cela se compte-t-il en heures ou en jours ?). En cas d'échec, les principaux acteurs de l'encyclopédie devront plancher sur autre manière de faire, toujours dans le but d'augmenter sa fiabilité.
Liens externes
Petits groupes, gros impact
Pour mener sa recherche, Kostakos a travaillé avec une échantillon large de notations faites en ligne par des utilisateurs. Comme le rapporte le Technological Review du MIT, le chercheur et son équipe ont étudié des centaines de milliers d’éléments notés et des millions de votes, et ce sur trois sites. Dans chacun des cas, ils ont découvert qu’un petit groupe de votants représentaient l’essentiel des votes. Par exemple, sur Amazon, seul 5% des utilisateurs actifs d’Amazon ont déjà voté sur plus de 10 produits, mais une petite poignée d’utilisateurs a voté pour plus d’une centaine de produits. Selon Kostakos, “Si vous avez deux ou trois personnes qui votent 500 fois, les résultats ne sont pas du tout représentatifs de l’opinion de la communauté dans son ensemble”. Ce n’est pas la première fois que la théorie de la sagesse des foules est mise à mal. Le terme, qui sous entend qu’un échantillon vaste d’individus prennent de meilleures décisions et font de meilleures prédictions que des individus seuls ou des experts, a été utilisé dans le passé pour décrire la façon dont tout, de Wikipedia à Digg, offre de meilleurs services sur internet que ce qu’un petit groupe d’individus pourrait faire. Bien sûr, nous savons aujourd’hui que cela n’est pas vrai. Wikipedia, par exemple, n’est pas du tout écrit et édité par une foule, en pratique, 1% des utilisateurs de Wikipedia sont à l’origine de la moitié des éditions faites sur le site. Même le fondateur de Wikipedia, Jimmy Wales, l’a confessé, estimant le coeur des éditeurs de Wikipedia a un petit groupe de plusieurs centaines d’individus. Pour ce qui est de Digg (et vraisemblablement de Wikio en France), le site dont l’algorithme est constamment changé et amélioré dans le but d’apporter un peu plus de démocratie aux votes de ses utilisateurs, reste malgré tout dominé par une poignée de power users qui peuvent faire et défaire un lien sur la homepage.Les tentatives pour résoudre le problème
Il n’est pas surprenant de s’apercevoir que quand on a à faire à des sites de notation, ce sont là encore de petits groupes qui contrôlent tout. Certains site, dont Amazon, tentent de prendre en compte le problème en permettant aux utilisateurs de voter sur l’utilité d’un revues fait par un utilisateur, ce qui est bien plus facile que d’écrire soi même une revue, incitant ceux qui n’en font pas habituellement à participer au processus. Le moteur de recherche et de notation Yelp a mis en place un système qui permet aux propriétaires de commerces notés dans Yelp de répondre aux commentaires qu’ils ont reçus. Malheureusement, malgré ces fonctionnalités, les petits groupes restent au contrôle de ces sites censés refléter l’opinion des masses. Un autre professeur de Carnegie Melon, Niki Kittur, suggère que les sites devraient créer de nouveaux outils pour permettre plus de transparence. Par exemple, une façon rapide de voir les contributions de tel ou tel utilisateur, qui mettrait en lumière facilement un parti pris. Il suggère également de retirer purement et simplement les critiques trop positives ou trop négatives. Plus tôt cette année, nous avons passé en revu un autre site de notation par les utilisateurs qui s’attaquait au problème sous un autre angle. Lunch.com, un concurrent de Yelp, utilise une fonctionnalité appelée “Réseau Similaire” (Similarity Network), qui vous suggère un réseau d’utilisateurs avec des goûts proches des vôtres. De cette façon, plutôt que de regarder à des commentaires et des notations qui seraient en provenance de n’importe qui, et potentiellement de personnes ayant l’intention de biaiser des résultats, vous filtrez pour ne voir que les commentaires de personnes ayants des goûts similaires aux votres. Il n’existe pas de solutions parfaites au problème, et il est peut être temps de laisser tomber le concept de la sagesse des foules, d’autant que ce concept, naguère réservé aux spécialistes, commence a déborder un peu partout.La télévision gravement atteinte du virus de la sagesse des foules
Pas un jour ne se passe dans une chaîne info sans une traditionnelle “question internet”. Là encore, on a à faire à une vue parfaitement biaisée, aux mains d’un petit groupe, censée faire office de sondage, et très souvent présenté comme tel, sous l’appellation “sondage internet”, par exemple. Les blogs et les média en ligne ne sont pas avares, eux aussi, de votes en ligne, et poussent parfois jusqu’à es appeler, eux aussi, sondage. Ces questions, ou plutôt leurs réponses, ne reflètent en réalité qu’une dangereuse contagion par la télévision et les média, en quête d’astuces pour faire baisser les coûts liés à un sondage, un vrai, et qui a cru voir dans un dispositif simple et peu couteux, une alternative à des sondages dispendieux. Il y a un an encore, un luxe de précautions étaient prise dans la présentation de tels résultats, mais c’est nettement moins le cas aujourd’hui, et l’opinion publique n’est pas loin de penser que ces chiffres font désormais office de sondage express. En réalité, il n’en est rien, ils sont aisément manipulables, soit par un petit groupe de fidèles utilisateurs, soit par des attaques coordonnées de nouveaux utilisateurs fédérés, par exemple, par Twitter.
Le ministre de l’immigration français Eric Besson a enterré la loi de son prédécesseur prévoyant des tests ADN pour les candidats au regroupement familial. Au même moment, la presse britannique a révélé que la UK Border agency envisageait elle aussi des tests ADN. Non pour savoir, comme le prévoyait l’amendement Mariani, si l’un est père/mère/sœur/frère de l’autre, mais pour déterminer la nationalité du candidat à l’asile.
Tous les scientifiques vont dans le même sens. Ces tests ne sont pas assez précis pour déterminer l’origine d’un candidat à l’asile. Les services de l’UK border agency prélèveraient sur “la base du volontariat” des échantillons de salive, de cheveux ou d’ongle, explique le Guardian :
“L’agence des frontière britannique croit que [de telles analyses] limiteraient les fausses demandes d’asile de personnes arrivant au Royaume-Uni en prétendant fuir des zones de guerre pour ne pas être expulsées.”
Ce projet lancé sans tambour ni trompette par les autorités britannique vise en particulier les nombreux Kényans qui se déclareraient Somaliens pour obtenir l’asile outre-Manche.
La revue Science y consacre un long article – dont le résumé se trouve sur leur blog Science insider. Elle a cherché à en savoir plus sur ce projet déjà contesté et s’est procuré un document le résumant. Et l’a fait commenter par les scientifiques concernés.
Le “Human provenance project” vise à déterminer la nationalité d’une personne grâce à son ADN, mais aussi, ce que ne disaient pas les précédents articles, grâce aux isotopes présents dans les tissus. Les chercheurs interrogés, dont les réactions sont rassemblées sur cette page, sont unanimes : scientifiquement le projet ne tient pas la route.
- ADN : “Les gènes ne respectent pas les frontières”
Selon les documents qui sont en possession de Science, les tests se concentreraient sur l’ADN mitochondrial, sur le chromosome Y et sur une forme de variation génétique appelée SNP. Pour Alec Jeffreys, spécialiste des empreintes génétiques à l’université de Leicester, ces tests sont scientifiquement invalides.
“Les recherches nécessaires pour déterminer [la correspondance] entre une structure génétique et un groupe ethnique n’ont simplement pas été faites. Même si cela marchait – j’en doute – assigner une personne à une population donnée ne donne pas la nationalité. Les gens bougent ! Le projet entier est naïf et scientifiquement défectueux (’flawed’, en anglais dans le texte original)“.
Une autre limite est pointée par le généticien des populations David Balfding :
“Les gènes ne respectent pas les frontières, les citoyens légitimes étant des migrants ou des descendants de migrants. Par ailleurs, de nombreuses frontières séparent les groupes ethniques.”
- Isotopes : Un centimètre de cheveux par mois de voyage
Le “Human provenance project” porterait aussi sur les analyses des ratios d’isotopes dans certains tissus humains. L’étude des concentrations de certains isotopes peut aider à déterminer l’environnement ou l’époque dans laquelle une personne a vécu. Mais, là aussi, la méthode est trop imprécise pour déterminer une origine, et a fortiori, une nationalité.
Même si les isotopes étudiés ne sont pas connus, “la référence aux ongles et aux cheveux suggère que les tests porteront sur les isotopes ‘légers’ comme l’hydrogène, l’oxygène, le carbone ou l’azote”, écrit Science. Ce qui ne convainc pas James Ehleringer de l’university de l’Utah.
“Les isotopes de l’hydrogène et de l’oxygène dans les cheveux révèlent la provenance géographique récente. En estimant que les cheveux poussent d’un centimètre par mois, un cheveu de dix centimètres a ‘enregistré’ les dix derniers mois de voyages de la personne.”
Photo : Mark Cummins





